Ce n’est pas un poisson d’avril hors saison, mais bel et bien un constat froid d’un partenaire international du Royaume. Sur la thématique: « Créer des marchés au Maroc… », la SFI, filiale groupe Banque Mondiale (BM) tout en abordant les réformes économiques au Maroc, la stimulation de la croissance du secteur privé entre autres, elle aborde dans son dernier rapport la question cruciale de la concurrence et des prix.

« Si l’absence de mise en œuvre constitue le problème le plus critique, certains aspects de la loi sur la concurrence soulèvent également des préoccupations en termes de concurrence », note ce rapport de 154 pages qui a été élabora sous la direction de la BM.

La loi laisse aux entreprises une grande latitude pour contrôler les prix, « ce qui porte atteinte au principe général de la liberté des prix… », constatent les experts de la BM.

Les contrôles des prix comprennent non seulement ceux établis par décret qui peuvent couvrir pratiquement n’importe quel produit ou service mais aussi ceux demandés par les associations commerciales ou professionnelles.

Les entreprises privées et, en fin de compte, « les consommateurs, sont pénalisés » par les carences des institutions et la réglementation en matière de protection de la concurrence, signale le rapport.

Et de rappeler que : « Récemment, des mouvements sociaux dirigés contre un certain nombre d›entreprises qui vendraient des produits de base à des prix excessivement élevés ont illustré la revendication de l’application effective des règles de la concurrence au Maroc. En avril 2018, des appels au boycott de trois entreprises considérées comme ayant abusé de leur pouvoir dans le marché dans la production de produits laitiers (Centrale Danone), d’essence (Afriquia) et d’eau minérale en bouteille (Sidi Ali-Holmarcom) ont déferlé sur les médias sociaux. Ceci a provoqué une réaction en chaîne chez les consommateurs ».

Les entreprises ont été accusées de pratiquer des prix « exorbitants », entre deux et trois fois plus élevés que sur certains marchés européens et asiatiques, affirme le document.

« À cette fin, l’analyse comparative des prix indique que les prix de l’eau embouteillée au Maroc sont, en moyenne, 17 % plus élevés que dans les autres pays de la région MENA » et au-delà ; les habitants des grandes villes du Maroc peuvent payer encore plus.

« Lorsque l’on compare les prix entre les principales villes, les résultats suggèrent un écart de prix encore plus élevé : les habitants de Casablanca paient en moyenne environ 50 % de plus pour l’eau en bouteille que les habitants de villes similaires de la région MENA et au-delà », affirme la BM.

+ Danone a déjà fait l’objet de sanctions en Espagne +

Il est à noter que Danone, qui a baissé ses prix à la suite du boycott, a déjà fait l’objet de sanctions en Espagne pour des pratiques anticoncurrentielles sur les marchés laitiers. 

« Des éléments de preuve supplémentaires attestent de pratiques anticoncurrentielles que les autorités n’ont pas été en mesure de combattre », relève le rapport.

Par exemple, en 2012, l’autorité espagnole de la concurrence a infligé une amende de 88,5 millions d’euros à onze armateurs marocains et espagnols pour avoir cartellisé le transport maritime de passagers reliant les deux pays entre 2002 et 2010, avec des surtaxes pouvant atteindre 25 %. 

Ces amendes comprenaient environ 28 millions d’euros pour Comarit et 8 millions d’euros pour un autre armateur marocain, IMTC.52 Aussi élevés soient- ils, ces montants ne représentent peut-être que 6 % des gains illégaux générés par le cartel, ajoute le rapport.

Article19.ma

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