Le Wall Street Journal s’intéresse à l’affaire du Sahara. Selon ce journal du monde des affaires et de la politique américaine, la question du Sahara suscite une attention particulière de la part de la Maison Blanche.

Dans son édition du weekend, le quotidien américain affirme que Washington soutient le Maroc dans la recherche d’une solution définitive mais qui ne prévoit surtout pas la création d’un Etat indépendant au Sahara.

« Ceux qui espèrent voir lever le drapeau sur un Sahara occidental indépendant risquent d’être déçus par l’administration Trump », souligne le journal, précisant que, « selon les officiels marocains et occidentaux impliqués dans les négociations, les Etats Unis soutiennent le Maroc contre la création d’un Etat indépendant » et que les Américains ont « clairement fait savoir que Washington n’appuiera pas un plan menant à la création d’une nouvelle nation africaine ».

« Ces assurances ont contribué à faire ramener le Maroc aux pourparlers », ajoute le journal qui rappelle les menaces du conseiller américain à la sécurité intérieur, John Bolton de recourir au veto contre le renouvellement du mandat de la MINURSO en l’absence d’une solution au conflit.

« Le danger pour les États-Unis provient-il de 230 personnes de la MINURSO ou … du fait que l’État islamique et Al-Qaïda sont en mesure d’attirer des personnes d’Indonésie, de Casablanca et d’ailleurs? », a déclaré le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, dans une interview au Wall Street Journal.

+ “Nous avons besoin de voir de réels progrès” +

Mais alors « pourquoi M. Bolton se préoccupe-t-il tant de la situation dans une zone du monde relativement calme alors qu’il a à faire face à d’autres problèmes en Iran, en Corée du Nord, au Venezuela et en Libye? », s’interroge le journal.

« Bien que M. Bolton ait refusé de répondre, ses proches disent que c’est personnel », souligne The Wall Street Journal rappelant qu’en « tant que responsable du département d’État, il a contribué à la rédaction de l’accord onusien de 1991 qui a mis fin aux affrontements entre le Maroc et le Front Polisario ».

Et « quelques années plus tard, il s’est associé à l’ancien Secrétaire d’État, James Baker, dans des efforts infructueux de quatre ans en vue de parvenir à un accord sur un vote visant à déterminer si le Sahara occidental devrait faire partie du Maroc ».

En 2005, lorsque M. Bolton a été nommé ambassadeur des États-Unis auprès des Nations Unies par le président George W. Bush, il a de nouveau cherché un accord. « Il avait pour la première fois menacé de mettre fin au mandat de la MINURSO ».

Nommé par le président Trump conseiller à la sécurité nationale, M. Bolton a de nouveau menacé de recourir au veto contre la prorogation du mandat de la MINURSO en l’absence de progrès dans les négociations entre les parties en conflits.

« Nous avons besoin de voir de réels progrès dans la résolution du conflit afin de ne pas continuer à dépenser des ressources limitées dans des missions de maintien de la paix sans fin », a déclaré le haut responsable de l’administration Trump qui a qualifié, en décembre dernier la MINURSO d’être l’exemple même des échecs onusiens.

+ La fin de la mission onusienne pourrait créer un vide dangereux +

Toutefois, « les efforts de la Maison Blanche pour résoudre ce petit problème africain comportent des risques. Un échec pourrait attiser le mécontentement dans l’une des dernières poches de stabilité en Afrique du Nord, créant de nouvelles opportunités pour l’expansion de l’État islamique ou d’Al-Qaïda », souligne le journal qui relève que les pourparlers entre les parties sont suspendus, « avec l’Algérie voisine, secouée par des manifestations, et le départ de Horst Kohler, l’ancien président allemand qui supervisait ces pourparlers en tant qu’émissaire des Nations Unies pour le Sahara et qui a démissionné pour des raisons personnelles ».

« Des pourparlers sérieux sur le Sahara semblent improbables, et un plan américain visant à mettre fin à la mission américaine pourrait créer davantage de troubles », écrit le journal soulignant que a situation pourrait s’aggraver en octobre prochain, à l’expiration du mandat de la MINURSO, les États-Unis ayant menacé d’opposer leur veto à son renouvellement s’ils ne constatent pas de progrès au niveau politique.

« Les responsables de tous les bords craignent que la pression de l’administration Trump ait un effet contre-productif », rappelle le journal qui souligne que les responsables marocains « craignent que la fin de la mission onusienne ne crée un vide dangereux ».

« La MINURSO dispose de 52 millions de dollars pour maintenir la stabilité, maintenir un cessez-le-feu dans une région très difficile », a déclaré M. Bourita. « Personne n’est mort depuis le cessez-le-feu, ce qui signifie que c’est la mission de maintien de la paix la plus rentable au monde. »

Article19.ma

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