Retour à la case de départ? Noureddine Ayouch, membre du Conseil supérieur de l’éducation et de la formation, a estimé que « l’initiative lancée par Abdelilah Benkirane pour défendre l’arabisation de l’enseignement des sciences est une vision tournée vers le passé et n’a rien à voir avec une vision du futur orientée vers la modernité et le progrès ».

Ayouch a expliqué dans une déclaration à Hespress que « les langues sont une véritable entrée dans la modernité » avant de souligner « la nécessité d’un enseignement en français ou en anglais », soutenant qu’il ne défend pas le français mais qu’il appelle à faire la place dans l’avenir à l’anglais.

« La langue du futur est l’anglais, et c’est également le cas même en France. Les conférences internationales sont organisées en anglais », a-t-il affirmé.

Ayouch a souligné que l’initiative appelant à l’arabisation est « regrettable, surtout que nous sommes trop en retard », rappelant le processus de tergiversation qu’a connu la loi-cadre au parlement. Et de relever que « l’idéologie et la politique politicienne dominent les initiatives des partis marocains ».

« L’enseignement en langues étrangères ne porte pas atteinte à l’importance de la langue arabe », a assuré le directeur de la Fondation Zakoura, notant que « la langue amazighe est aussi officielle et nationale, alors pourquoi n’est-elle pas abordée par les partisans de l’arabisme? Ce point révèle leurs intentions. »

« L’initiative n’est pas sérieuse », a déclaré Ayouch, ajoutant que « l’absence du français et de l’anglais chez l’étudiant implique qu’il est impossible pour lui de trouver un emploi. C’est le cas dans toutes les entreprises marocaines, où l’arabe seul ne suffit pas ».

+ L’anglais est la langue du future +

Il s’est dit étonné « par le recours des signataires de l’appel aux écoles françaises pour leurs enfants et leur appel au même moment à adopter l’arabe parmi les langues de l’enseignement des sciences « , appelant les défenseurs de l’arabe à apporter les traductions et les livres scientifiques nécessaires au lieu d’une défense sans arguments.

Ayouch a souligné que « l’arabe manque de livres et des traductions nécessaires à l’enseignement des sciences ».
« Il n’est pas possible de permettre la perte des générations présentes et futures », a-t-il conclu estimant qu’il faut cesser de mentir aux Marocains avant de donner son propre exemple en indiquant qu’il a inscrit sa fille dans une école où la langue de l’enseignement est l’anglais, tout en apprenant pleinement l’arabe et le français.

Plusieurs acteurs politiques, dont l’ancien chef du gouvernement et ex-secrétaire général du Parti justice et développement (PJD) Abdelillah Benkirane, et de la société civile ainsi que des membres du fameux Mouvement unicité et réforme (MUR) ont annoncé jeudi soir la constitution d’un front contre la loi-organique sur l’éducation, la formation et la recherche scientifique, baptisée par certains « la loi de la francisation de l’enseignement », soulignant leur détermination à entreprendre toutes les formes légitimes de lutte pour « mettre fin à ce grave tournant”.

Article19.ma

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