Une nouvelle levée de boucliers islamistes à la veille des élections. Plusieurs acteurs politiques et de la société civile et membres du fameux MUR ont annoncé jeudi soir la constitution d’un front contre la loi-organique sur l’éducation, la formation et la recherche scientifique, baptisée par certains « la loi de la francisation de l’enseignement », soulignant leur détermination à entreprendre toutes les formes légitimes de lutte pour « mettre fin à ce grave tournant”.

Les 23 signataires de la déclaration ont indiqué qu’ils ont tenu mercredi une réunion pour discuter du grand mécontentement, de la colère et de la controverse qu’a suscité auprès de l’ensemble des Marocains le vote des deux chambres du Parlement marocain sur le projet de loi n ° 51.17 relatif au système de l’éducation, de l’enseignement, de la formation et la recherche scientifique, en particulier ses articles 2 et 31.

Selon les signataires, les articles 2 et 31 ont suscité une controverse généralisée auprès des Marocains, en ce sens qu’ils constituent « une violation explicite de l’article 5 de la Constitution du Royaume, une menace aux constantes de la nation, à son identité et à son existence » et un grave recul sur les fondements de l’État et de la souveraineté marocaine.

En conséquence, ils déclarent rejeter cette loi qui, selon eux, impose l’utilisation des langues étrangères dans l’enseignement entre autres des matières scientifiques et ce dans toutes les filières éducatives. Ce texte, estiment-ils, légitime juridiquement l’enseignement en français et à la vague francophone d’entrer dans l’éducation et, plus grave encore, d’être présente dans toutes les manifestations de la vie dans notre pays.

+ Instrumentalisation et évocation de menaces… +

Ils dénoncent aussi ce qu’ils appellent les mesures anticipatives prises unilatéralement par le ministère de l’Éducation nationale pour généraliser l’enseignement en français aux niveaux des classe du baccalauréat et du cycle secondaire, en plus de l’introduction de cette langue dans l’enseignement des sciences dans le cycle du primaire et ce en violation flagrante des dispositions de la constitution, mettant en garde contre « les dangers qui menacent la langue arabe ».

Ils estiment que la décision d’imposer la langue française comme étant celle de l’enseignement des matières scientifiques n’a été basée sur aucune étude scientifique en vue d’améliorer le système éducatif marocain, affirmant qu’ils ne s’opposent pas l’apprentissage des langues étrangères mais que les langues d’enseignement doivent être uniquement les deux langues officielles qui sont l’Arabe et l’Amazigh.

Les signataires appellent enfin « toutes ses composantes du peuple marocain à s’armer de vigilance et de prudence pour faire face à tout ce qui menace l’avenir de sa langue et les fondements de son identité, de son appartenance culturelle et de sa glorieuse histoire », soulignant que leur initiative est ouverte à toutes les personnalités et organisations nationales qui souhaitent y contribuer.

Parmi les signataires de cette déclaration figurent plusieurs acteurs politiques dont Abdelilah Benkirane, ancien chef du gouvernement et ex-secrétaire général du Parti justice et développement (PJD), Moulay M’hamed El Khalifa, un des dirigeants du Parti de l’Istiqlal (PI), El Mokri Abou Zaid (PJD), et Abderrahmane Benameur du Parti de l’avant-garde démocratique socialiste (PADS).

Article19.ma

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