Une véritable levée de boucliers des gardiens du temple. Les propos sur « les ambitions politiques » des compagnons du prophète Mohamed tenus par l’auteure du livre « Les Califes maudits », la tunisienne Hela Ouardi, lors de sa participation au « Festival Twiza » à Tanger, ont provoqué la colère des salafistes marocains.

Dans un poste sur Facebook, Cheikh Mohamed Fizazi a soutenu, dimanche, que « l’autrice tunisienne du livre ‘Les califes maudits’ a jeté le doute sur l’existence du Messager d’Allah, paix et bénédiction sur lui, au cours de la dernière édition du festival Twiza ». Cheikh Fizaei a même qualifié l’intellectuelle tunisienne de « mécréante ».

Pour lui, « son audace n’est pas une science… mais une suspicion stupide que ni les pires ennemis occidentaux, ni les hypocrites infidèles n’ont osé depuis l’ère de la prophétie ».

Cheikh Fizazi qui réside à Tanger est allé jusqu’à exiger l’expulsion de l’invitée tunisienne du Maroc, affirmant: « Si nous ne pouvons pas la traduire en justice au moins qu’on l’expulse ».

+ « Déviations culturelles »…+

Du même avis, le salafiste Cheikh Hassan Kettani a vivement critiqué, quant à lui, l’activiste Ahmed Assid, qui a participé à la même rencontre aux côtés de la chercheuse tunisienne lors du festival Twiza.

Même son de cloche chez l’écrivain Driss Kenbouzi qui a tiré à boulets rouges sur le festival de soutenir les « déviations culturelles ».

« Ce festival financé par les deniers publics devrait être une plate-forme de débat audacieux entre intellectuels de différentes tendances. Quand je vois que le festival rassemble chaque année les professionnels du charlatanisme culturel spécialisés dans les attaques contre les valeurs sacrées de mon pays en tant qu’intellectuel, jaloux de son pays et de ses sacrements, je m’inquiète ».

Dans une déclaration au site arabophone Hespress, la chercheuse tunisienne a estimé que « des courants rétrogrades » présentent la période du premier califat de manière idyllique alors que les compagnons du prophète étaient des personnes ordinaires avec des ambitions politiques et des préoccupations qui les ont poussés à agir même de « manière opportuniste et machiavélique », comme le soulignent, selon elle, les livres d’histoire.

+ La période du califat a été « excessivement enjolivée » +

Selon Mme Ouardi, l’histoire de l’islam aurait été biaisée « en créant des mythes », relevant que le prophète, durant la période de sa maladie, a été empêché par les compagnons de rédiger son testament et qu’il n’y avait pas une unanimité sur le successeur du prophète.

Soutenant que la période du califat a été « excessivement enjolivée », elle a ainsi relevé que les guerres menées au nom de la lutte contre l’apostasie n’étaient en réalité que des « guerres politiques » menées contre les tribus qui refusaient de payer la Zakat au calife à cause de leur opposition à sa légitimité politique.

Elle a ajouté que « la mythification du califat a été fondée sur la mythification de l’histoire », ce qui en a « fait une institution sacrée de nature absolue dont personne ne peut douter de sa légitimité, bien que personne n’ait eu cette perception à cette époque alors que trois califes sur quatre ont été assassinés de manière odieuse ».

L’écrivaine a, enfin, indiqué que tout ce qu’elle a révélé dans son livre « Les Califes maudits » est consigné dans les livres d’histoires et qu’elle n’a fait que jeter une pierre dans la marre qui avait stagné à cause de « la domination de la culture de la transmission » sur celle de l’analyse.

Article19.ma

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