Le Fonds monétaire international (FMI) s’est félicité de la mise en oeuvre au Maroc de « politiques macroéconomiques saines et de l’accélération des réformes qui ont permis d’améliorer la résilience de l’économie marocaine et d’accroître sa diversification », appelant à la poursuite de ces politiques pour « atteindre une croissance plus forte et plus inclusive ».

Dans un rapport, publié mardi, le FMI incite les autorités à poursuivre l’assainissement budgétaire, tout en préservant les investissements prioritaires et les dépenses sociales à moyen terme.

Les responsables du FMI réitèrent, en outre, leur appui aux efforts visant l’amélioration de la l’efficacité et de la gouvernance du secteur public grâce à la réforme de la fonction publique, à la mise en œuvre de la décentralisation fiscale, au renforcement de la surveillance des entreprises publiques et à un meilleur ciblage des dépenses sociales.

Concernant la politique monétaire suivie par le Maroc, ils la jugent appropriée dans un contexte d’inflation modérée, de croissance économique et de crédit maîtrisé, relevant, par ailleurs, que la transition vers une plus grande flexibilité des taux de change, entamée l’année dernière, aidera l’économie à absorber les chocs externes potentiels et à rester compétitif. Ils encouragent, par conséquent, les autorités à utiliser la fenêtre d’opportunité actuelle pour poursuivre cette réforme.

Les administrateurs du FMI relèvent également que le système bancaire est sain et résilient, tout en soulignant la nécessité de rester vigilant face à son expansion à l’étranger, estimant que l’adoption de la loi sur la banque centrale et le renforcement du cadre de surveillance contribuera à améliorer encore la solidité du secteur financier.

Ils soulignent, d’autre part, l’importance de maintenir le rythme des réformes structurelles pour progresser vers une un modèle de croissance plus inclusive, fondé sur le secteur privé, tout en réduisant les inégalités et en protégeant les plus vulnérables, mettant l’accent sur la nécessité de mettre en œuvre des réformes de l’enseignement pour créer des emplois, en particulier pour les femmes et les jeunes.

+ Devises… environ 5,2 mois d’importations +

Tout en se félicitant des améliorations constantes apportées à l’environnement des affaires, les responsables du FMI appellent à la poursuite des efforts visant à renforcer la gouvernance et à lutter contre la corruption.

Concernant la situation économique du Maroc, le FMI relève un ralentissement de l’activité économique en 2018 avec un taux de croissance de 3%, en raison de la baisse enregistrée dans les secteurs agricole et tertiaire.

Le rapport relève également que le taux de chômage reste proche de 10% et particulièrement élevé chez les jeunes alors que l’inflation a atteint 1,9% en 2018 en partie à cause de la hausse des prix des denrées alimentaires.

Selon le FMI, l’assainissement budgétaire a connu un ralentissement en 2018, le déficit public se stabilisant à 3,7% du PIB, grâce aux recettes de la TVA et à la maîtrise de la masse salariale, ce qui compense partiellement la baisse de l’impôt sur les sociétés et les subventions élevées sur la butane.

Malgré les bonnes performances à l’exportation dans les secteurs de l’automobile et du phosphate, le déficit budgétaire du compte courant a atteint 5,4% du PIB en raison de la hausse des importations d’énergie et de biens d’équipement, et de la baisse des transferts de fonds, des subventions et des recettes du tourisme, souligne le FMI.

Dans le même temps, l’IED net a augmenté substantiellement atteignant 2,5% du PIB. Les réserves internationales ont chuté à 24,4 milliards de dollars mais restent confortable, à environ 5,2 mois d’importations.

Par ailleurs, le rapport relève que les perspectives économiques à moyen terme restent favorables pour le Maroc avec une croissance attendue de 4,5% à l’horizon 2024. Cependant, ces perspectives restent soumises à des risques internes et externes importants : retard dans la mise en œuvre des réformes, une croissance plus faible dans les principaux pays partenaires (notamment de la zone euro), la hausse des prix du pétrole, les risques géopolitiques et la volatilité des conditions financières.

Article19.ma

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