Un incident inédit dans les annales de la police au Maroc et certains médias parlent « d’exécution ». En fait, c’est l’affaire de deux personnes tuées et non une seule, à l’aube dimanche dernier à Casablanca, par un policier qui a usé de son arme de service, a pris une nouvelles tournure. Une vidéo de la scène prise par un témoin oculaire a révélé que le double meurtre aurait été fait de « sang-froid » à la suite d’une bagarre qui a débuté à l’intérieur d’un bar et s’est poursuivie, pendant un court instant, à l’extérieur avant de se terminer par deux coups de feu tirés par le policier contre son « agresseur », puis l’exécution d’une femme jetée à terre par un agent de sécurité du bar.

A noter que le tueur est déjà sous les verrous depuis jeudi à la prison Oukacha, à Casablanca, en attendant la suite de l’enquête judiciaire en cours, selon des sources concordantes.

+ Quelques infos sur le policier +

Selon le site arabophone alyaoum24: Mohammed Issa, le policier mis en cause, a un parcours étrange dans la police.

La quarantaine, Issa avait entamé sa carrière dans la zone de Mers Sultan comme policier en uniforme, puis une série de fautes professionnelles et de dépassements avaient conduit à son affectation comme agent de surveillance du siège de la Brigade nationale de la police judiciaire, avant de réussir un examen d’inspecteur de police. Par la suite, il est monté en grade pour être nommé à la brigade mobile d’Anfa.

Selon ses proches, il préparait son mariage et avait commencé à offrir des invitations à ses amis et collègues pour y assister cet été. Une cérémonie de mariage qui n’aura pas lieu malheureusement pour lui car il fait face à de lourdes charges dont celle « d’homicide volontaire ». Il risque de passer le reste de ses jours dans l’ombre et la tristesse, ajoute la même source.

Par ailleurs, le site relate « deux versions » de l’incident macabre qui se complètent, l’une d’un témoin oculaire qui se trouvait dans le bar « le Transatlantique » au boulevard Lalla Yacout, au cœur de Casablanca, et une autre émanant des policiers qui étaient de permanence de nuit avec le mis en cause avant de se séparer peu de temps avant l’incident.

– – La première version des événements : Le policier se rend au bar le Transatlantique, un lieu connu pour ses nombreux incidents. Il y reste un moment avant de se quereller avec un autre homme de 40 ans. Dès que la querelle a commencé, les gardes du bar sont intervenus et ont expulsés les deux parties. La bagarre a monté d’un cran entre le policier et son adversaire puis l’agent de police a décidé d’y mettre fin avec une balle tirée de son arme de service.

Deux filles sont sorties du bar avec les deux protagonistes, l’une d’elles connaissait la victime. Elle était témoin de la manière dont le policier a exécuté son ami et a commencé à protester contre ce dernier devant d’autres témoins qui sont restés sans mots devant le policier armé. Soudain, un agent de sécurité jette la fille à terre, pus l’agent a décidé de la tuer en lui tirant une balle au cou.

+ Deux versions de l’incident de dimanche… +

Cette version complète celle présentée par les agents de police qui affirment que leur collègue était avec eux lorsqu’ils effectuaient une ronde à l’arrondissement d’Anfa et qu’il a décidé de se séparer d’eux et est entré dans le bar le « Transatlantique ». Ce récit explique pourquoi le policier était armé et pourquoi le premier communiqué de la Direction générale de la sécurité nationale ne mentionnait pas que son agent n’était pas en service. Car il travaillait cette nuit, ce qui rendait au début crédible la version selon laquelle il était intervenu pour arrêter deux délinquants.

Conscient de la gravité de son comportement, le policier a inventé une autre version avec l’aide de personnes qui le connaissaient en tant que client du bar. Il a ainsi réussi à convaincre ses collègues qu’il était en train d’intervenir en faveur d’un citoyen attaqué par des voleurs. Il n’a fait l’objet d’aucun examen ou mesure de son taux d’alcoolémie, seul son arme lui été retirée comme l’exige le règlement dans pareil cas.

La premier communiqué de la direction de la police a été publié dimanche soir sur la base des éléments fournis par le policier, avec l’aide de témoins qui ont modifié les faits en sa faveur. Malgré les doutes, l’opinion publique était enclin à croire qu’il s’agissait d’une « légitime défense » d’un policier en prise avec deux délinquants armés. Certains médias ont contribué à rendre cette version crédible, surtout après les déclarations de témoins oculaires, décrivant en détail « la tentative » des délinquants, dont les victimes, de tuer le policier à l’aide d’armes blanches et de tentative de s’emparer de son arme de service. Les premiers soupçons ont toutefois trouvé étrange qu’un policier seul, sans soutien, tard dans la nuit, dans un lieu sensible, faisait face à de dangereux criminels, souligne Alyaoum24.

Cette version n’a pas résisté un jour à la critique. Une vidéo de 47 secondes tournée à partir de la fenêtre d’un appartement, près du lieu de l’incident, est venue révéler d’autres vérités. La séquence montre le policier tournant autour du corps de la première victime parmi une foule de personnes, pendant qu’une fille hurle de colère. Puis soudain, un homme la jette à terre, à ce moment-là, le policier s’approche d’elle, sort son revolver, se penche doucement vers elle et lui tire une balle. Un dernier cri s’est fait entendre, puis la foule s’est dispersée, tandis que le policier semble calme et cherche quelque chose ou quelqu’un parmi les gens encore sur place.

+ La DGSN parle de « dépassements graves »… +

– – La Direction générale de la sécurité nationale a réagi le lendemain de la diffusion de la vidéo et a annoncé l’existence de « dépassements graves » commis par son agent. Le policier, qui vit dans le quartier de Moulay Rachid à Casablanca, a disparu ce matin-là de son bureau et de son domicile. La police a ainsi lancé des recherches pour le retrouver.

Loin de Casablanca, c’est dans la province de M’diq Fnideq, et plus précisément près de la plage  de Cabo Negro, que le policier a été arrêté dans une ruelle. On pense que l’homme y disposait d’une maison, mais il semble qu’il n’a pas été en mesure de s’y rendre pour se cacher. Il se pourrait aussi qu’il comptait quitter le Maroc à travers le passage frontière de Bab Ceuta. Le policier est maintenant entre les mains de la police à Casablanca, avec six autres personnes, dont des employés du bar le Transatlantique, qui ont présenté de faux témoignage en plus des gaillards qui avaient violenté la deuxième victime, alors que l’enquête est toujours en cours.

Article19.ma

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