La purge se poursuit sans relâche mais le dialogue avec le pouvoir est toujours dans l’impasse. La preuve: la déclaration finale du Forum organisé samedi dernier par une partie de l’opposition algérienne regroupée au sein du pôle « Des forces pour le changement » peut se résumer à ceci : « oui au dialogue mais pas à n’importe quel prix ».

Selon le site algérien « Tout sur l’Algérie » (TSA), trois préalables à tout dialogue avec le pouvoir ont été soulignés dans la déclaration finale, à savoir le départ du gouvernement Bedoui ainsi que la libération des détenus d’opinion et de la grande figure de la guerre d’indépendance Lakhdar Bouregâa.

Avant la tenue du forum, beaucoup de critiques avaient fusé concernant la démarche des initiateurs du forum leur reprochant notamment d’accepter d’aller vers un dialogue puis vers une élection dans un environnement politique et médiatique fermés, rappelle TSA qui estime que ces griefs sont fondés puisque les partis des Forces du changement ont beaucoup hésité pour mettre des préalables clairs liés au respect des libertés lesquelles connaissent un recul depuis au moins quelques semaines.

Contrairement à l’autre faction de l’opposition, souligne la même source, les partis de l’Alternative démocratique, qui eux, ont eu une position plus tranchée dès leur premier conclave, avec un argument inattaquable : les pratiques auxquelles on assiste ne sont pas celles d’un pouvoir animé d’une réelle volonté d’ouverture et de changement.

L’état d’esprit des participants à la conférence de samedi est résumé par l’intervention de l’universitaire Mohand Arezki Ferrad qui a fait part de toute sa gêne : « Je m’efforce de croire à la bonne foi du pouvoir, mais ce n’est pas évident avec toutes les atteintes aux libertés auxquelles on assiste. Si les choses restent en l’état, je ne serais pas concerné par le dialogue à venir ».

+ Des gages que nul ne peut mettre dans la case des préalables insurmontables +

La déclaration finale adoptée s’apparente donc à une réponse et aux pourfendeurs de la démarche et au pouvoir qui, mercredi dernier, avait formulé une offre politique. Abdelkader Bensalah, président par intérim de la chambre haute du parlement, s’est engagé, au nom sans doute de tous les tenants de la décision, à laisser à la classe politique l’exclusivité inespérée de mener le dialogue et de contrôler la prochaine élection présidentielle de bout en bout à travers une instance électorale mise sur pied sans aucune interférence des autorités et avec de larges prérogatives allant de la révision du fichier électoral jusqu’à l’annonce des résultats définitifs.

Mise devant la responsabilité historique de ne pas laisser passer une telle opportunité, l’opposition a renvoyé la balle dans le camp du pouvoir, le mettant devant le même défi de prouver sa bonne foi. C’est désormais toute l’opposition qui refuse de dialoguer à n’importe quel prix, souligne encore TSA.

Et d’estimer que c’est « au pouvoir de ne pas laisser passer l’opportunité au risque d’avoir à assumer seul la persistance du blocage et ses répercussions sur la stabilité du pays. Un gouvernement accepté par le peuple et l’ouverture du champ politique et médiatique et le respect des libertés collectives et individuelles, c’est le minimum que l’on puisse exiger pour une élection libre et transparente ».

Des gages que nul ne peut mettre dans la case des préalables insurmontables ou des revendications « irréalisables », souligne le site Tout sur l’Algérie.

Plus de 80 personnes, représentants de partis politiques, de syndicats et des universitaires, ont pris part à ce forum dont Abdelaziz Rahabi, diplomate et ancien ministre, Abderrezak Makri, leader du Mouvement de la société pour la paix (MSP), Ali Benflis, ancien Premier ministre, Sofiane Djilali, président de Jil Jadid, ou encore Ali Fawzi Rebaine, candidat plusieurs fois déçu à l’élection présidentielle, et Kamel Guemazi, ancien leader de l’ex Front islamique du salut en plus de plusieurs centaines d’acteurs de la société civile, venus de différentes régions du pays.

Coïncidant avec la célébration de l’anniversaire de l’indépendance du pays, l’Algérie a connu vendredi dernier des manifestations immenses auxquelles ont pris part des centaines de milliers d’Algériens appelant au départ des symboles du pouvoir en place depuis plusieurs décennies.

Article19.ma

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