Fini l’attentisme, la défense des victimes passe à l’offensive. Le gouvernement dirigé par les islamistes du PJD a fait « la sourde oreille » et « aïn mica » (détourné consciemment le regard) quant au sort des victimes de Bouachrine, affirme Me Abdelfattah Zahrach ce mardi 18 juin, lors d’une conférence de presse à Casablanca.

« Le gouvernement El Othmani a failli à son devoir et a ignoré les lois en vigueur relatifs au soutien et au suivi médical et psychologique des femmes victimes de violence et de traite d’êtres humains », s’est indigné Me Zahrach devant les journalistes qui suivent, depuis 2018, le procès de l’ancien directeur du journal Akhbar Al Yaoum.

Marié et père de deux enfants, Bouachrine a été condamné en première instance à 12 ans de prison ferme pour « viols » et « traite d’êtres humains » entre autres chefs d’inculpation.

Scandalisés, les avocates et membres de la société civile présents lors cette conférence ne cachent pas leur « amertume » et leur « colère » face à la rhétorique du ministre des Droits de l’homme Mustapha Ramid (PJD) qui a transformé le loup en brebis.

« Au lieu de respecter le droit de reserve, Ramid s’inquiète par contre du sort d’un homme qui a été reconnu coupable… et dont les conditions de détention sont exceptionnellement confortables dans une cellule privée avec TV, journaux, téléphone, visite médical, etc… », affirme-t-il.

Et d’ajouter « Les victimes, elle sont tombées dans les oubliettes, la honte, le chômage et la dépression… ».

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Me Zahrach qui reproche aux leaders du parti conservateur du PJD, y compris ses monstres en exercice de « soutenir la violence contre les femmes et l’atteinte à leur dignité », dans une allusion aux crimes commis par Bouachrine.

« Lui qui est avocat de profession, je lui demande (Ramid) de démissionner et de porter la robe de nouveau pour venir défendre Bouachrine (le violeur) devant la Cour », dit-il sur un ton de défi.

La Coordination d’avocats qui s’est constituée pour aider les victimes de ce « sex scandal » a décidé de poursuivre ses initiatives de sensibilisation auprès des partis politiques et institutions de l’État y compris le Conseil national des droits de l’homme (CNDH).

Cet même ordre d’idées, une rencontre a déjà eu lieu en début de semaine avec les présidents des groupes parlementaires au sein de l’Hémicycle.

Seul Abdallah Bouanou, chef du groupe parlementaire du PJD aurait refusé de recevoir les membres de la Coordination des victimes de Bouachrine, proteste Me Zahrach.

Dans une déclaration à Article19.ma, Aïcha Guellaa, avocate des victimes de Taoufik Bouachrine, considère que cette conférence de presse rentre dans le cadre du « plan d’action » de la Défense des victimes. « Cette conférence se base précisément sur la lettre du groupe de travail Onusien adressée aux victimes », précise Me Guellaa.

Me Khadija Tikerouine, membre de la Fédération de la ligue démocratique des droits des femmes (FLDDF) relève que la lettre du groupe de travail Onusien est effectivement « un soutien important » car elle souligne que ces femmes sont des « victimes de la violence ».

A noter que la Fédération de la ligue démocratique des droits des femmes (FLDDF) contribue activement, avec d’autres associations, au soutien et à la Défense de ces victimes.

Article19.ma

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