Un nouveau rebondissement dans l’affaire Bouachrine suite à la divulgation, le 12 juin 2019, du courrier du Groupe de travail de l’ONU connu sous son acronyme « GTDA ». Me Abdelfattah Zahrach, membre du barreau de Rabat et avocat des victimes, affirme: « C’est avant tout, une affaire de droit commun et non à une affaire relative à la liberté de la presse… il y a des femmes victimes, beaucoup de victimes dans cette affaire de sex-scandal ».

Taoufik Bouachrine, directeur de publication d’Akhbar Al Yaoum qui a été condamné, en novembre 2018, en première instance à 12 ans de prison pour « viol » et « traite humaine » entre autres, a laissé entendre dans un post sur sa page Facebook que son arrestation était le fruit d’une « cabale » lancée contre lui.

Dans un entretien accordé au site d’info Article19.ma, Me Zahrach souligne qu’il y a « une douzaine de femme victimes, y compris des journalistes que certains font semblant d’ignorer… ». Ces derniers, dit-il, s’intéressent uniquement qu’aux conditions de détention du « violeur », dans une allusion au directeur du journal en question.

L’avocat des victimes se félicite de la position du groupe de travail ONUsien qui a exprimé ouvertement « sa confiance » dans le système judiciaire marocain.

« Le Groupe de travail exprime sa confiance dans le système judiciaire national pour rendre justice à ces victimes toutes les fois où la violence est connue », note Me Zahrach dans un rappel du paragraphe 74 de l’avis du GTDA.

Et d’ajouter que le groupe ONUsien a insisté sur le fait que : « Il est d’une importance toute particulière de lutter contre les violences faites aux femmes… ».

Me Zahrach a évoqué lors de cette entretien exclusif, le rôle joué par l’avocat Britannique Rodney Dixon QC, avocat de Bouachrine qui a assisté au procès « pas plus de 5 minutes » et qui aurait été « induit en erreur » sur le véritable aspect des choses.

Dans cette ordre d’idées, Me Zahrach a dénoncé ce qu’il a qualifié de « silence » complice sur le sort des victimes de Bouachrine de la part du gouvernement dirigé par le leader du PJD, Saâd Eddine El Othmani.

En termes plus clairs, il reproche aux leaders du PJD y compris son faucon Mustapha Ramid (ministre des Droits de l’homme) leurs « accointances » et « sympathies » avec Bouachrine au lieu de prendre position avec les victimes conformément aux lois en vigueur et à l’esprit de justice qui devrait prévaloir en toute circonstance.

+ Conférence de presse le 18 juin à Casablanca +

Par ailleurs, Me Zahrach a reproché au Conseil National des Droits de l’Homme « son inaction » et « manque de soutien concret » de ces victimes abandonnées à la vindicte des réseaux sociaux et blogueurs sans scrupules.

In fine, Me Zahrach a annoncé une conférence de presse le 18 juin 2919 à Casablanca, conjointement avec des avocats, des membres de la société civile et des associations féminines, « afin d’éclairer l’opinion publique » sur les souffrances des victimes et « l’honorable » position du groupe ONUSien.

Article19.ma

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