Le verdict est sans appel. Le député islamiste Noureddine Aqchibel est suspendu des examens du bac jusqu’à 2022, quelques soient les prétextes invoqués pour échapper au châtiment. L’affaire de ce parlementaire du Parti justice et développement (PJD), démasqué avec 3 smartphones dans la salle d’examen du baccalauréat, suscite depuis une semaine une vive polémique dans les médias et une grande controverse au sein de son parti entre ceux qui considèrent que l’affaire a été exploitée et amplifiée alors que d’autres estiment que le concerné a été pris en flagrant délit de triche à l’examen.

Alors que le parlementaire était, samedi dernier, dans la salle numéro 2 du lycée Al Irfane à Rabat, pour passer l’examen du baccalauréat en tant que candidat libre dans la branche littéraire, il a été surpris par le directeur de l’établissement, accompagné de deux personnes, venu lui demander de l’accompagner.

Aqchibel a indiqué au quotidien « Akhbar Al Yaoum » que le directeur du lycée lui a demandé s’il avait un téléphone sur lui, qu’il a répondu qu’il en avait 3 et qu’il les a sortis de sa poche. Le député a affirmé qu’il n’avait pas sorti les téléphones pendant l’examen et que les surveillants des épreuves n’ont noté aucun comportement douteux de sa part.

« Le directeur de l’établissement semble avoir reçu des instructions pour me contrôler » et s’est excusé, plus tard, a dit le député affirmant que ce dernier lui confié : « ils m’ont mis dans une situation embarrassante ».

+ Il s’agit bel et bien d’une infraction à la loi +

Toutefois, il s’agit bel et bien d’une infraction à la loi régissant les examens, un texte qui a été approuvée par le parlement et qui interdit aux candidats d’avoir sur eux un téléphone ou tout autre appareil de communication lors des épreuves de l’examen du bac.

Aqchibel dit avoir oublié les 3 téléphones dans sa poche, dont deux étaient éteints alors que le troisième était en mode silencieux, mais qu’il n’a pas été pris en train de les utiliser et qu’aucun PV n’a été rédigé à son encontre. Il a également indiqué qu’il lui a été demandé d’attendre l’arrivée du directeur de l’académie et que pendant les 3 heures environs d’attente, la nouvelle et les images des téléphones ont été divulguée à plusieurs sites d’information, ajoutant que c’est finalement l’adjoint du directeur de l’académie qui a fait le déplacement pour lui remettre les téléphones en s’excusant.

Aqchibel soutient, par ailleurs, qu’il n’a pas besoin du diplôme de baccalauréat pour obtenir un emploi ou une promotion alors qu’il est déjà un homme d’affaires et détient 3 diplômes en gestion qualité, télécommunications et électricité et est propriétaire d’une société opérant dans le domaine des télécommunications, de l’énergie et de l’éclairage public, basée à Rabat et disposant de succursales dans plusieurs villes, comme Fès et Tanger, une entreprise qui emploie environ 1 000 personnes dont 20% sont des cadres.

+ Une affaire qui va nuire à l’image du PJD…+

Quant à son désir d’obtenir le baccalauréat, il a affirmé qu’étant devenu un homme politique et un député depuis 2016, il a envisagé de passer le bac pour pouvoir s’inscrire à la Faculté de droit pour développer ses connaissances juridiques.

Aqchibel est entré en politique avec le PJD en se présentant aux élections locales de 2015 pour devenir président de la commune de Moulay Abdelkrim, puis président du groupement des coopératives dans la province de Taounate, qui comprend 49 communes, et en 2016, il se présentera au nom du PJD aux élections parlementaires et remportera un siège à Ghafsai.

Au sein du PJD, certains membres estiment que la divulgation de l’affaire « vise à nuire à l’image » du parti et qu’il aurait été possible de se contenter de confisquer les téléphones et de laisser le candidat poursuivre l’examen comme c’est courant dans pareil cas alors que d’autres ont critiqué le comportement du parlementaire. Quant à la commission de l’éthique du parti, elle a ouvert une enquête, nommé un rapporteur et auditionné Aqchibel, qui a admis avoir eu sur lui les 3 téléphones dans la salle d’examen mais sans les utiliser.

Selon un membre de la commission, il est clair que le député a violé la loi mais il n’a pas été prouvé qu’il les a utilisés à des fins de tricheries. La même source a ajouté que la commission va demander aux opérateurs des télécommunications afin de lui révéler si Aqchibel a effectué des communications pendant qu’il était dans la salle d’examen.

Article19.ma

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