Deux rifains dans la ligne de mire. Si le Secrétaire général du PAM, Hakim Benchamach est devenu l’homme à débarquer coûte que coûte, l’ex-conducteur du Tracteur, Ilyas El Omari est lui, accusé « d’ingérence » dans la crise que traverse le parti en semant « la zizanie », au lieu d’observer « la neutralité » qu’il avait promise, depuis son retrait de la scène politique, il y a un an de cela.

Lors d’une conférence de presse, dimanche soir dans un hôtel de Rabat, sur « les derniers développements au sein du Parti Authenticité et Modernité (PAM) », Me Abdellatif Ouahbi a été catégorique :« Ilyas El Omari interfère dans les affaires du parti en appelant nos parlementaires au téléphone…j’ai des preuves mais pas besoin pour le moment de les dévoiler ni de divulguer le contenu de ses soi disant discrètes conversations…».

En d’autres termes, Ilyas El Omari profite de la crise au sein de la direction du parti pour jeter de l’huile sur le feu, en soutenant le « despotisme » de Benchamach. Ce dernier vient de virer sur un coup de tête, neuf figures du PAM y compris l’un des fondateurs historiques et ancien ministre, Ahmed Akhchichen.

Le dernier de ses victimes en date n’est autre que Aziz Benazouz, un syndicaliste qui était auparavant son bras-droit au sein de la Chambre des Conseillers.

A noter, lors de ce point de presse nocturne, les différents intervenants PAMistes, sont tous d’accord sur un point : « S’adresser à la Justice » afin de mettre fin à l’abus de pouvoir de Benchamach.

A partir de ce lundi 3 juin, Me Ouahbi va déposer, à ce sujet, un recours auprès du tribunal administratif de Rabat, affirme-t-on.

+ Hammouti: La transparence financière au sein du PAM…comme l’eau de roche +

Par ailleurs, Mohamed Hammouti, président du Bureau Fédéral du PAM, qui s’occupe entre autres des questions financières, a abordé la question des gros sous du parti en terme de « transparence », en affirmant que le PAM et son adversaire le PJD sont parmi les rares partis au Maroc qui ont observé « une transparence sans tâches », lors des accréditations des candidats des élections 2016.

« Si quelqu’un a quelque chose à nous reprocher, il n’a qu’à vous donner les noms des personnes montrées du doigt », a dit Hammouti aux reporters des médias présents qui attendaient sa réponse avec impatience.

+ Le PAM… Plutôt une dispute qu’une crise +

De son côté, en répondant aux questions des journalistes, le jeune député du PAM, Mehdi Bensaïd a plutôt relativisé « la crise » que traverse le parti du Tracteur en parlant plutôt de « dispute » qu’il espère sera réglée avec sagesse, sinon par le recours à la Justice.

Mais ce qui semble inquiéter le plus Bensaïd, c’est le problème de « l’absentéisme » aux élections au Maroc.

Bensaïd est profondément convaincu que les partis politiques marocains, à commencer par le PAM « doivent donner l’exemple », notamment avec une gestion saine et démocratique » des instances dirigeantes afin de donner de « l’espoir » au jeunes et les inciter à participer activement aux prochaines échéances électorales notamment en 2021. Et non, dit-il, « en s’accaparant tous les pouvoirs » et marginaliser tout le monde, comme le fait actuellement Benchamach.

En un mot, cela rappelle le « despotisme » des secrétaires généraux Soviétiques comme Brejnev et autres, sinon pire, s’indigne-t-on au sein du PAM.

D’ailleurs, au moment où les médias marocains suivaient la conférence de presse de ses détracteurs, Benchamach est monté une nouvelle fois sur ses grands chevaux et n’a pas hésité d’envoyer des courriels aux rédactions des journaux annonçant « le gel » de l’adhésion de Benazzouz au PAM, surtout en tant que président du groupe parlementaire au sein de la Chambre des Conseillers et de l’obliger à se présenter devant la commission de discipline et de déontologie.

On reproche à Benazzouz, chuchote-t-on, « un certain manque de transparence » dans la gestion des contributions financières mensuelles des élus du PAM au sein de la Chambre Haute et dont Benchamach est le Président en exercice.

En bref, Benchamach a du pain sur la planche et les Refusniks aussi. Toutefois personne ne peut prétendre connaître l’issue de cette « crise de leadership » qui ne dit pas son nom.

Mais une chose est sure et certaine, le Tracteur est en panne et « le mécano » qui doit amener avec lui les outils adéquats pour le redémarrer avec doigté ne s’est pas encore pointé, semble-t-il?

Voici le communiqué de Benchamach relatif au sort de Benazzouz:

للأمين العام لحزب الأصالة والمعاصرة.

بناء على مقتضيات المادة 39 (الفقرة الثانية) من النظام الأساسي لحزب الأصالة والمعاصرة؛
وعلى مقتضيات الفقرة الأخيرة من المادة 59 من النظام الداخلي التيتجيز للأمين العام « اللجوء إلى لجنة التحكيم والأخلاقيات للاستشارة أو إجراء تحقيق أو تحري في أي موضوع أو شكاية تهم مصداقية الحزب وسمعته ومصالحه »؛
وبعد مشاورات مع أعضاء من فريقنا البرلماني بمجلس المستشارين؛

تقرر إحالة السيد عزيز بنعزوز على لجنة التحكيم والأخلاقيات، وتجميد وضعيته كرئيس للفريق البرلماني بمجلس المستشارين إلى حين استكمال المسطرة القانونية المنصوص عليها في النظامين الأساسي والداخلي لحزب الأصالة والمعاصرة.

التوقيع
حكيم بنشماش
الأمين العام لحزب الأصالة والمعاصرة.

Article19.ma

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.