Par Noury Adib

C’est une honte pour l’Afrique d’avoir une Confédération de football qui parraine, devant des millions de témoins de par le monde, le vol d’un trophée devant revenir à l’équipe qui l’a réellement mérité.

C’est aussi un déshonneur pour la Tunisie d’avoir été représentée, dans ce niveau de la compétition, par un club de football qui recourt à tricherie et à la tromperie,technique et humaine, pour remporter un duel devant naturellement se dérouler dans l’esprit de la compétition sportive dans laquelle l’équipe perdante reconnait sa défaite et applaudit celle qui l’a gagnée par la sueur des maillots de ses joueurs et la force de leur bravoure. Le valeureux Hannibal ne peut être fier d’eux…

À Rabat, le 26 mai dernier, l’arbitre égyptien, qui avait officié l’aller, recourait au VAR chaque fois qu’on le lui demandait, tout en gardant toujours à l’esprit ou bien les instructions des instances dirigeantes de la CAF ou bien les largesses de ceux à qui profitait son forfait. C’est pourquoi au lieu de donner raison à la raison, il décrétait l’injustice dans ses aspects les plus vils et abjects. Il refusera deux buts au Wydad. Il sera suspendu pour… seulement six mois par la CAF ! Une brebis galeuse,d’une telle effronterie, devrait logiquement être radiée pour donner plus de crédibilité au football africain.

Quant au match retour, l’arbitre gambien Bakary Gassama a tout simplement refusé, et impudemment, de visionner le but d’égalisation du club casablancais,indiscutable de l’avis de tous les observateurs du ballon rond, et qu’il a insolemment refusé de valider, prouvant au monde entier que le club du Wydad est bel et bien une victime annoncée.

La CAF et ses arbitres ont surpassé, en un peu de décisions, ce que Kafka a peiné à décrire dans ses œuvres littéraires : la saisie du sens de cette fameuse « objectivité extrêmement étrange ».

Avec la descente à la pelouse du Président de la CAF, le Malgach Ahmad Ahmad, le monde entier avait cru, un moment, que la solution à la pomme de discorde et la reprise du match allait être trouvée. En vain. C’est le contraire qui allait arriver.

La magouille avait placé ce personnage, sans qu’il l’eût cherché, face à l’histoire dans une rencontre cauchemardesque pour toute raison juste et logique. C’était lui la voix de la sagesse supposée. N’a-t-il pas été plébiscité par ses pairs africains pour devenir leur président ? Après avoir parlé avec les uns et les autres, consulté les arbitres, il a regagné sa tour d’ivoire, la tribune d’honneur à laquelle il ne fera plus désormaisplus honneur.

Un élément nouveau vient d’être révélé par la chaine qatarie Bein Sport. Le VAR ne fonctionne pas ! Il était en panne ! Allons messieurs, soyez sérieux. C’est quoi le VAR ? Un pupitre qui répète à l’arbitre les images prises par les caméras du terrain, qui, elles,fonctionnaient parfaitement puisqu’elles continuaient à transmettre en direct !

+ Nécessité d’assainissement moral… +

Le Wydad n’allait tout de même intégrer, dans son staff, un mâalem de la Joutia de Derb Ghallef pour parer à l’éventualité d’une telle panne !…En plus, le terrain de Radès devait, à l’instar du stade d’honneur de Casablanca, être doté d’un écran géant permettant de répéter à volonté la séquence du but injustement refusé…

Le VAR fonctionnait, et les organisateurs, et l’arbitre, et sa CAF en étaient persuadés. Il s’agit tout simplement d’une bourde maladroite, flagrante, et malheureusement africaine pour justifier un vol qualifié.

Admettons que le VAR eût été en panne, Ahmad Ahmad et ses conseillers pouvaient conseiller à leur arbitre de suspendre le match et de le reprogrammer à une date ultérieure. Charger par la suite une équipe d’experts de visionner la séquence du but litigieux et de trancher.

Si c’est un but, le match de substitution commencera avec un score nul, un partout. Si en revanche, le but était marqué dans une position hors jeu, ce qui est improbable, recommencer le match avec 1 à 0 pour les Tunisiens. Il ne faudrait pas avoir le cerveau d’Einstein pour trouver une solution logique à une mascarade arbitraire, sauf quand le scandale est prémédité. Et il l’était.

À tous les étudiants en Sciences politiques, en journalisme et aux chercheurs intéressés par la question du Sahara marocain de retenir la leçon édifiante de Radès pour savoir comment les dirigeants africains corrompus se montraient hostiles au Maroc et à son intégrité territoriale. Ils opéraient à huis-clos sans transmission en direct, sans VAR et ni des dizaines de millions de spectateurs…

L’arbitre Bakary Gassama me rappelle un personnage de triste mémoire pour les Marocains. Il s’agit d’Edem Kodjo, ancien secrétaire général de la défunte Organisation de l’Unité Africaine (OUA) qui s’était personnellement et fortement impliqué dès 1982 pour faire admettre la fantomatique RASD au sein de l’Organisation panafricaine, sur les insistances sonnantes et trébuchantes, disait-on à l’époque, de l’Algérie de Boumediene.

C’est alors que Hassan II a prononcé cette phrase prémonitoire: « Ce qui se passe à l’OUA depuis des années sont des conférences tam-tam… des conférences de danse de Saint-Guy… je dois être isolé de ce cloaque… pour refaire cette Afrique, parce que l’Afrique est bien mal partie (…). L’OUA a besoin d’un assainissement sur le plan moral ».

Cet assainissement moral est plus que nécessaire. Maintenant plus qu’auparavant. Les temps ont changé, et les Africains aussi. Ils méritent des instances sportives dirigées par des personnes dignes de confiance et non par des individus malhonnêtes et desmagouilleurs qui ne peuvent malheureusement que servir d’exemple aux suprématistes blancs et les conforter dans leurs thèses racistes.

Quant au Wydad de Casablanca, il est le vainqueur moral de cette tragédie, plus qu’humiliante pour ses auteurs et ses bénéficiaires. Il est triste pour un club que ses dirigeants et ses fans se sentent gênés toutes les fois qu’ils se trouvent, à l’intérieur du local de leur club, en présence d’un trophée volé à leurs compétiteurs, au vu et au su du monde entier.

Article19.ma

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.