L’intellectuel et activiste Amazigh, Ahmed Assid vient de relancer le débat sur la question de la langue française dans l’enseignement public au Maroc. Il estime qu’il est temps de mettre fin à ce qu’il considère « l’hypocrisie politique » en matière d’éducation et de décider une fois pour toutes « ce que nous voulons pour nos enfants ».

Dans un récent entretien accordé à une WebTV casablancaise et continue à se partager cette semaine sur les réseaux sociaux, Assid a réagi à la déclaration au jeune secrétaire général du parti de l’Istiqlal, Nizar Baraka, qui a qualifié de « crime impardonnable » l’enseignement des matières scientifiques en français dans les écoles publiques.

A noter que Nizar Baraka et nombreux membres de son entourage sont « un pur produit » de la Mission française au Maroc, dit-on.
Pour Assid, la déclaration du responsable istiqlalien est le signe manifeste de « l’hypocrisie des hommes politiques » au Maroc, car « Baraka et toute sa famille ont bénéficié d’un enseignement en français afin de pouvoir accéder facilement aux postes les plus importants et les plus en vue du pays ».

L’universitaire Amazigh a également relevé que l’arabe « ne pourrait être celle de la recherche scientifique », notant que de toutes les études et recherches scientifiques, seules 3 ou 4 sont traduites en arabe chaque année.

Le parti Istiqlal a appelé à l’arabisation de l’enseignement au Maroc depuis l’indépendance, dit-il, mais « aucun des leaders » de ce parti n’a poursuivi ses études en arabe, a encore souligné Assid.

« Il est temps de reconnaître les véritables raisons de notre échec dans l’éducation plutôt que de le rejeter sur les langues », a-t-il affirmé, ajoutant qu’il est désormais impossible de passer à un enseignement en français même si nous le voulons à cause du manque d’enseignants compétents comme ces derniers ont été eux-mêmes des victimes de l’arabisation.

+ Des enseignants qui maintiennent des versions d’une vision rétrograde de l’Islam dans leurs cours +

Assid a également soulevé certaines questions telles que : Pourquoi essayer de résoudre le problème maintenant ? Pourquoi l’arabisation a-t-elle échoué ? Pourquoi l’arabisation concerne-t-elle uniquement les écoles primaires et secondaires, mais jamais l’enseignement supérieur ?

« Il est vrai que l’arabe n’est pas la langue de la recherche scientifique, la plupart des recherches sont écrites en anglais, en allemand ou en français. Cependant, nous ne pouvons adopter aucune de ces langues pour nos études supérieures, car les étudiants marocains sont familiarisés seulement avec la langue arabe avant leur entrée à l’université », a relevé Assid.

Et d’ajouter que les mots nouvellement créés en anglais trouvent leurs équivalents en français en quelques mois, tandis que leur traduction vers l’arabe nécessite des années.

Les gouvernements et les partis politiques vont et viennent, mais que « le résultat est toujours le même », note-t-il, soutenant que la langue utilisée dans les études et la recherche scientifique n’a rien à voir avec la question identitaire, car elle permet d’enseigner une matière donnée dans une langue étrangère alors qu’être arabe est tout à fait normal, surtout si cette langue étrangère nous fait avancer.

D’autre part, Assid a fait savoir que les enseignants (islamistes) extrémistes chargésdes cours de l’éducation islamique « ne respectent pas la version modifiée des manuels scolaires en continuant de transmettre leur vision rétrograde et leurs messages aux élèves oralement en classe ».

Selon lui, à travers leur méthodologie d’enseignement rétrograde, « les extrémistes cherchent à former une frange anti-État, simplement parce qu’ils ont échoué lorsqu’ils ont constitué le gouvernement il y a quelques années, a-t-il dit.

Ahmed Assid a enfin estimé que Nizar Baraka dirige l’un des partis des plus anciens et des plus connus du Maroc, mais que son action politique en tant que leader de l’Istiqlal est loin d’être importante.

Article19.ma

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.