Nouvelle sortie médiatique provocatrice de l’ancien chef du gouvernement et ex-leader du Parti justice et développement (PJD), Abdelillah Benkirane. Cette fois c’est sur sa tolérance vis-à-vis de la consommation des boissons alcoolisées, le non respect du jeûne par certains pendant Ramadan et la question des riches marocains face au devoir de la Zakat qu’il a choisi, entre autres, de s’exprimer ouvertement sans complexe.

Comme d’habitude, les déclarations hors norme de Benkirane sont virales et créent un buzz sur la Toile qui durent des jours et parfois des semaines.

Abordant la question de la consommation des boissons alcoolisées, Benkirane a soutenu que bien que les boissons alcoolisées sont interdites par la religion musulmane leur consommation était tolérée à l’époque du Prophète et c’est après sa mort que les choses ont changé.

« Le prophète n’interdisait pas la consommation des boissons alcoolisées dont la prohibition n’est intervenue que durant la période d’Omar El Khattab », a souligné Benkirane lors d’une rencontre avec les jeunes du PJD relayée par une vidéo sur sa page Facebook.

Il a ajouté que « les boissons alcoolisées étaient depuis toujours et jusqu’à aujourd’hui présents dans les pays musulmans. Elles ne sont pas interdites, ce qui est interdit c’est l’ivresse sur la voie publique ».

+ La faute au Marechal Lyautey…+

Benkirane, tel un prédicateur maîtrisant son sujet, a également souligné que les lois interdisant la consommation de ces boissons par les musulmans ont été introduites au Maroc par le résident général de la France Marechal Lyautey au cours de la période du protectorat.

Lyautey qui vécut au Maroc de 1912 à 1926, était « un républicain au service de la monarchie marocaine », disait ses adversaires politiques français à l’époque.

Selon Benkirane la consommation d’alcool en public dans une société conservatrice comme le Maroc provoquerait « des trouble » bien qu’il y ait des personnes qui boivent en cachette. « Car, la société est ainsi faite… ».

Concernant la question des personnes qui n’observent pas le jeûne pendant le mois de Ramadan, il a estimé qu’il s’agit d’une liberté individuelle. « Si une personne choisit de ne pas jeûner, c’est son problème », mais « il faut mesurer l’impact de cette liberté sur la société ».

Quant à la question d’imposer la Zakat (Aumône) aux riches, il a rappelé que le défunt roi Hassan II a tenté de le faire en attribuant un prix sur la manière de la collecter, mais que ce projet n’a pas vu le jour.

Les propos de Benkirane sur la Zakat viennent justifier l’abandon par le PJD des idées qu’il défendait avant d’entrer au gouvernement.

L’ex-secrétaire général du parti de la Lampe a, en outre, soutenu que le PJD n’est pas un parti religieux mais une formation politique, relevant que lorsqu’il a intégré le champ politique il n’a pas trouvé que la religion posait un problème mais bien les secteurs de la santé, de l’enseignement, de l’habitat…des dossiers qui nécessitent une gestion intelligente et audacieuse. « Vous pouvez avoir une bonne connaissance en religion mais pas être nécessairement un politique ou un bon gestionnaire ».

Benkirane a également indiqué qu’il n’a jamais mélangé politique et religion, rappelant que le champ religieux relève du commandeur des croyants bien qu’il ne soit pas toujours d’accord avec certaines décisions comme le renvoi de prédicateurs.

Il a, en outre, critiqué ceux qui s’offusquent des prières des Tarawih, soulignant que les Marocains sont parmi les peuples les plus pieux.

L’ancien chef de l’exécutif a, enfin, souligné de nouveau que c’est le roi qui dirige le pays et non pas le gouvernement lequel contribue aux côtés du souverain à la gestion des affaires du pays.

Article19.ma

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