Un véritable séisme politique en Autriche. Le vice-chancelier d’extrême droite Heinz-Christian Strache a annoncé ce samedi 18 mai sa démission après la révélation d’une tentative de compromission financière en lien avec « une oligarque russe », et ce, à quelques jours des élections européennes concernant l’un des grands ténors d’extrême-droite en Europe.

Et contrairement à ce que raconte sa campagne électorale sur l’équité avec ce slogan « Fair business », Strache est loin d’être un « fair-player ».

Le décor: une résidence à Ibiza en 2017, lors d’une soirée bien arrosée qui a duré six heures où il rêve et parle d’argent, de pouvoir et d’ambition.

Secrètement filmé par une caméra cachée, Strache a discuté à bâtons rompus et sans réserve avec une pseudo nièce d’un oligarque russe qu’il croyait liée à une influente personnalité à Moscou, de la possibilité d’un soutien financier en échange de l’accès à des marchés publics en Autriche, ont révélé des journaux allemands dont le prestigieux Der Spiegel.

+« Les journalistes sont les plus grandes prostituées de la planète» +

«Elle aura tous les contrats publics remportés aujourd’hui par Strabag», affirme Strache, parlant d’un groupe autrichien de construction, acteur majeur du secteur, affirme le chef du FPÖ, selon la retranscription des propos du leader du FPÖ, le parti d’extreme-droite qu’il dirige depuis 2005.

Au cours de cette fameuse soirée au bord de la mer,
la vidéo en caméra caché, diffusée par les médias allemands, le montre en train de proposer des contrats publics à un oligarque russe en échange d’investissements dans le plus puissant journal du pays, Kronen Zeitun.

Et de fil en aiguille, Strache exclut les résistances au sein de la rédaction du Kronen Zeitung car «les journalistes sont les plus grandes prostituées de la planète», affirme-t-il.

Depuis son retour au pouvoir en 2017, le FPÖ est accusé de s’en prendre aux médias autrichiens, notamment à la télévision publique ORF qu’il accuse de manquer de neutralité. Heinz-Christian Strache explique également à son interlocutrice vouloir remodeler le paysage médiatique autrichien selon le modèle hongrois.

En Hongrie, le premier ministre d’extreme-droite Viktor Orban est souvent comparé à Donald Trump dans son attitude aggressive vis-à-vis des journalistes.

A noter, Strache quitte le gouvernement mais aussi ses fonctions à la tête du FPÖ, le parti qu’il dirige depuis 14 ans.

Article19.ma

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