Un constat. Les séances hebdomadaires des questions dédiées aux questions orales à la chambre des conseillers offrent un spectacle de plus en plus désolant du fait des pannes survenue dans les équipements de transmission télé en plus de l’absentéisme des conseillers au point que certains parlementaires mécontents ont appelé à l’ouverture d’une enquête sur une supposée transaction d’achat de nouveaux équipements de sonorisation, selon de nombreux médias.

Des membres des groupes parlementaires ont ainsi protesté, selon le site arabophone Hespress, au cours des deux dernières séances, contre l’arrêt des retransmissions télévisées et l’absence d’images montrant les parlementaires et les ministres en se contentant uniquement du son, la caméra montrant seulement le perchoire du président.

Lors de la séance de mardi 30 avril, les conseillers ont été surpris par la non réparation de la caméra principale de la chambre ce qui a poussé Abdelhamid El Fatihi du groupe socialiste à demander de transférer les séances des questions orales à la chambre des représentants.

La même séance a également été marquée par l’absence de nombreux conseillers en ce sens que sur les 120 membres seulement 16 parmi eux ont été présents, ce qui a provoqué des moqueries sur les réseaux sociaux lorsque le ministre chargé des relations avec le parlement Mustapha El Khalfi est apparu en train de s’adresser à des sièges vides.

Au moment où la Chambre des représentants a réussi à réduire le phénomène de l’absentéisme des parlementaires après l’application de prélèvements sur les indemnités des députés pour leur absence et la divulgation des noms des parlementaires absents lors des séances plénières, le président de la Chambre des conseillers, Hakim Benchamach, a échoué à s’assurer la présence des conseillers lors des séances plénières.
Des sources parlementaires ont indiqué à Hespress que Benchamach n’a pas mis en oeuvre, à ce jour, l’article 163 du règlement intérieur qui instaure des prélèvements sur les indemnités des parlementaires absentéistes sans raisons valables.

Rajae Kassab du groupe de la Confédération démocratique du travail (CDT) a soutenu que l’absentéisme est devenu un phénomène grave, ajoutant que son groupe a demandé lors de la séance précédente l’application du règlement intérieur en procédant aux prélèvements sur les indemnités des parlementaires absentéistes.

« Il est inconcevable que cette situation perdure. A chaque séance plénière, nous comptons le nombre des parlementaires présents sur le bout des pieds « , a-t-elle dit indiquant que son groupe a demandé la réduction du temps de parole pour les groupes dont les membres sont les plus absentéistes.

Elle a ajouté que l’image de l’institution parlementaire se ternit de jour en jour auprès de l’opinion publique marocaine, appelant la présidence de la Chambre des conseillers à prendre des mesures urgentes pour réduire le phénomène de l’absentéisme des parlementaires.

+ Absence scandaleuse des conseillers… et votes symboliques +

Souvent, des textes de lois sont adoptés à la majorité des parlementaires présents surtout au niveau des commissions avec le vote de 2 ou 3 membres seulement.

Pour faire face à cette situations certains groupes appellent à ce que les projets de lois requièrent au moins 50% des votes de l’ensemble des membres de la chambre ou de la commission concernée.

De son côté Nabil Chikhi, président du groupe Justice et développement (PJD) à la chambre des conseillers, a indiqué à Hespress que certaines images échangées sur les réseaux sociaux montrant l’absence des parlementaires lors de la dernière séance sont fausses, estimant que la panne des équipements sonores a contribué à la difficulté de gérer la séance de mardi.

Il a ajouté qu’après la réduction du nombre des conseillers qui est passé de 270 à 120, la salle réservée aux séances plénière est devenue trop grande même au cas où ils assisteront tous aux réunions.

Pour ce qui est de la panne des équipements sonores, Chikhi a expliqué que « le problème est lié à la vétusté de ces équipements, ce qui nécessitait leur réparation avant qu’ils ne tombaient en panne », a-t-il souligné qualifiant de « faute grave » qu’une institution constitutionnelle connaisse une telle situation.

Par ailleurs, des divergences subsistent entre les membres du bureau de la chambre quant à l’achat de nouveaux équipements estimés à 2 milliards de centimes, une transaction juteuse que certaines parties voudraient en faire bénéficier des entreprises proches d’elles. Toutefois, la transaction a été suspendue.

La même source a indiqué que des groupes parlementaire ont saisi Benchamach pour l’ouverture d’une enquête sur les causes de la panne des équipements et sur la nature de la transaction dont tout le monde parle à la chambre des conseillers.

Article19.ma

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.