Par Jawad Kerdoudi ****

Les élections législatives indiennes ont lieu du 11 Avril au 19 Mai 2019 afin d’élire pour un mandat de cinq ans 543 sièges de la Lok Sabha Chambre basse du parlement de l’Inde.

Rappelons que l’Inde est un immense pays avec une superficie de 3,2 millions de Km2 et une population de 1,3 milliard d’habitants. L’Inde a obtenu son indépendance du Royaume Uni le 15 Août 1947, et a institué une République parlementaire fédérale le 26 Janvier 1950.

Le Président de l’Inde élu au suffrage indirect est le Chef de l’Etat mais avec des pouvoirs symboliques. La réalité du pouvoir appartient au Premier ministre qui doit disposer d’une majorité à la Chambre basse. L’Inde est un Etat fédéral qui est composé de 29 Etats bénéficiant d’une large autonomie et de 7 territoires qui sont gérés par l’Etat central sauf Delhi et Pondichery.

Le PIB de l’Inde s’est élevé en 2018 à 2690 milliards de $ et place ce pays au rang de cinquième puissance mondiale. Une étude d’un cabinet britannique place l’Inde en troisième position des puissances mondiales en 2032. La croissance économique de l’Inde a été de 7,3% en 2018 la plus forte du monde, et l’endettement global a été 69,6% du PIB. Cependant le déficit budgétaire est resté élevé à -6,6% ainsi que l’inflation à 4,7%. Vu l’importance de sa population le PIB par habitant n’est que de 2016 $.

Pour les élections législatives 2019 deux listes sont en présence : la NDA conduite par le Premier ministre sortant Narendra Modi du parti Bharatiya Janata Party (BJP), et la liste UPA conduite par Rahul Gandhi du parti du Congrès national indien. Le BJP créé en 1980 est un parti de la droite nationaliste hindoue. Il a gouverné l’Inde de 1998 à 2004 d’une façon modérée car il ne disposait pas de la majorité à l’Assemblée et devait tenir compte de ses partenaires de coalition.

Ayant obtenu la majorité absolue en 2014, le Premier Ministre Narendra Modi a mené une politique nationale-populiste en s’érigeant comme le protecteur des indiens contre la menace intérieure et extérieure, et en faisant promulguer des lois anti-terroristes sévères. Alors qu’en 2014, le BJP avait mis en avant pour sa campagne électorale le développement économique et la création d’emplois, cinq ans après le bilan est mitigé. C’est ainsi que l’augmentation des emplois industriels n’a que peu progressé, et le chômage est resté élevé. C’est pourquoi, pour les élections de 2019 Narendra Modi mise plus sur sa personnalité, davantage que sur son bilan.

La liste UPA conduite par Rahul Gandhi est menée par le Congrée national indien qui a été fondée en 1885, et qui à partir du XXème siècle est l’acteur majeur du mouvement pour l’indépendance de l’Inde.

A partir de 1915, le Mahatma Gandhi en devient une des figures emblématiques. Après l’indépendance en 1947, le Congrès a dominé la vie politique indienne, sauf de 1998-2004 et 2014-2019 où le Parti BJP a pris le pouvoir. Dans le paysage politique indien, le Congrès est considéré comme un parti de centre-gauche et se réclame de la laïcité, de la justice sociale et du développement inclusif.

L’Inde est considérée comme la plus grande démocratie du monde. Il y a en effet 900 millions d’électeurs inscrits, l’installation d’un million de bureaux de vote équipés de machines à vote électronique qui impriment un reçu. Le scrutin est uninominal majoritaire à un tour. Les sondages donnent la NDA vainqueur, soit la reconduction de Narendra Modi à la Primature.

Les relations diplomatiques entre le Maroc et l’Inde ont débuté en 1957 juste après l’indépendance de notre pays. Elles ont été actives jusqu’en 1985, où le gouvernement de Rajiv Gandhi du Congrès national indien a reconnu la RASD. Il s’en est suivi un gel des relations jusqu’à l’année 2000, date à la quelle le gouvernement Atal Bihari du BJP a retiré sa reconnaissance à la RASD.

Depuis, les relations entre l’Inde et le Maroc n’ont cessé de se renforcer, notamment après la visite en Inde en Octobre 2015 du Roi Mohammed VI à l’occasion du 3ème Sommet Inde-Afrique. La coopération entre les deux pays est très intense dans tous les domaines, illustrée par la signature de 31 Accords. La balance commerciale est favorable au Maroc du fait de ses exportations de phosphates et dérivés. Au niveau des investissements, une cinquantième d’entreprises indiennes opèrent au Maroc, tandis que la coopération culturelle est également très active entre les deux pays.

La victoire prévisionnelle du BJP aux élections législatives 2019 ne fera que consolider davantage les relations entre les deux pays, d’autant plus que de grandes potentialités existent tant au niveau des échanges commerciaux que des investissements.

**** Président de l’IMRI
(Institut Marocain des Relations Internationales)

Article19.ma

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