Le Fonds monétaire international (FMI) a relevé que le Maroc connaît « une diminution des occurrences d’expression de mécontentement social par rapport au passé récent » et comparativement à d’autres pays de la région, appelant toutefois à des « réformes structurelles afin de générer une croissance inclusive et créatrice d’emplois ».

Dans son rapport « Perspectives économiques régionales-Moyen Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan (MOANAP) », le FMI estime que de nombreux facteurs contribuent à l’agitation sociale, dont le plus souvent le mécontentement dû au contexte économique et à la gestion politique (chômage, opportunités limitées, corruption et mauvaise qualité des services publics).

« Ces motifs semblent être reflétés par les indicateurs d’opportunité économique. De nombreux indicateurs de l’activité économique dans ces pays sont décevants, ce qui explique peut-être en partie les inquiétudes des manifestants », souligne le rapport.

De plus, ces pays n’ont fait que « peu de progrès vers une croissance plus robuste et plus inclusive ces dernières années », précise le FMI citant l’exemple du chômage qui reste très élevé dans la région, en particulier dans les pays importateurs de pétrole, et de la lutte contre la corruption, mesurée par les indicateurs de la gouvernance dans le monde, qui n’a pratiquement pas évolué.

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Pour le FMI, il est ainsi urgent de procéder à des réformes structurelles afin de générer une croissance inclusive et créatrice d’emplois. De même qu’il conviendra, pour apaiser les inquiétudes des citoyens, d’améliorer l’infrastructure, et l’accès aux services de santé et à l’enseignement, de renforcer la gouvernance et les services publics, d’éradiquer la corruption, et d’élargir l’accès au crédit afin de stimuler une croissance tirée par le secteur privé, de créer des emplois et de consolider les dispositifs de sécurité sociale.

« Même si des progrès ont été réalisés, des efforts plus résolus s’imposent, s’agissant notamment de la réforme de la gouvernance et des marchés des produits », estime le FMI pour qui « une croissance soutenue passe par une situation macroéconomique stable ».

Concernant les projections de croissance, le FMI soutient qu’elles ont été régulièrement révisées à la baisse dans plusieurs pays (Jordanie, Liban, Maroc, Pakistan, Soudan) en raison de la fragilisation de l’environnement extérieur.

La croissance régionale pour 2019 avait été évaluée à 4,0 % dans les Perspectives économiques régionales d’octobre 2018, contre 3,6 % dans les projections actuelles, rappelle le FMI soulignant que « les aléas restent de nature baissière, les tensions commerciales mondiales obscurcissant les perspectives de croissance chez des partenaires commerciaux stratégiques et augmentant la probabilité d’une montée de l’aversion pour le risque à l’égard des marchés émergents chez les investisseurs ».

Selon le rapport, « l’importante proportion des exportations vers la Chine, l’Union européenne et les États-Unis chez les pays importateurs de pétrole de la région MOANAP expose ces pays à des aléas baissiers relatifs à l’affaiblissement de la croissance (Jordanie,Maroc, Mauritanie, Pakistan, Tunisie, par exemple) ».

Par ailleurs, la même source relève que le déficit courant régional devrait diminuer de 6,5 % du PIB en 2018 à 5,9 % en 2019 et 5,2 % en 2020, la baisse des prix du pétrole contribuant à l’amélioration des termes de l’échange pour les pays importateurs de pétrole.

Toutefois, souligne le FMI, même si les déficits courants de l’Égypte et du Maroc devraient baisser à environ 2 % du PIB d’ici à 2020, les déficits extérieurs restent importants dans les autres pays de la région.

De même, précise le rapport, la croissance des exportations de la région devrait ralentir à 7 % en 2019 et 6,5 % en 2020, en raison principalement d’un affaiblissement de la demande chez des partenaires commerciaux stratégiques.

Le FMI souligne enfin que dans l’ensemble, l’inflation devrait rester globalement stable, grâce notamment à une baisse des prix de l’énergie : dans la plupart des pays, les projections font état d’une inflation inférieure à 10 % et à 3 % pour l’Afghanistan, la Jordanie, le Liban et le Maroc.

Concernant l’amélioration du climat des affaires et de la gouvernance, le FMI souligne, par ailleurs, que plusieurs pays dont le Maroc ont adopté des lois qui facilitent la création et l’exploitation d’entreprises.

Article19.ma

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