Incroyable mais vrai. Au Maroc, la session parlementaire extraordinaire, convoquée par le gouvernement, a pris fin jeudi avec un bilan nul à cause de l’appel lancé par l’ancien chef du gouvernement Abdelillah Benkirane exhortant les députés du Parti justice et développement (PJD) à s’opposer au projet de la loi-cadre relatif à l’enseignement.

L’adoption de cet important projet de loi était initialement prévue au début de la semaine dernière lorsque les groupes de la majoritaires ont dépassé leurs divergences en approuvant et en amendant certains articles du projet.

Mais une sortie de Benkirane sur Facebook a suffi pour aggraver les divergences et reporter l’adoption de la loi-cadre à la session du printemps qui débute ce vendredi.

Selon le site arabophone Hespress qui a suivi le débat de bout en bout, le projet de loi sur l’enseignement, qui traduit une vision stratégique de l’éducation et de la formation, n’est pas le seul point de divergence au sein du PJD. Les projets de loi sur les terres soulaliyates ont également fait l’objet d’un débat au niveau des commission lors de la session extraordinaire sans pour autant parvenir à un consensus.

Sur les cinq projets de loi inscrits à l’ordre du jour de la session extraordinaire, le parlement n’a finalement approuvé qu’un seul texte à savoir celui sur la sûreté mobilières alors que les autres projets ont été à l’origine de la convocation de la session extraordinaire.

Le projet de loi n° 51.17 a été retardé pendant des années, il porte sur une vision stratégique du secteur de l’éducation et de la formation entre 2015 et 2030. On est aujourd’hui en 2019, ce qui signifie que quatre années ont déjà été perdues. Les trois autres lois concernent 15 millions d’hectares de terres soulaliyates, dont une partie importante concernent des ayants droits, particulièrement des femmes.

+ Benkirane exerce encore son influence au sein du PJD +

Depuis le début de la controverse, la semaine dernière, sur le contenu de la loi-cadre sur l’enseignement en raison de la langue d’enseignement des matières scientifiques, le chef du gouvernement Saad Eddine El Othmani n’a pas entrepris de grands efforts pour que son groupe parlementaire, qui compte plus de 100 membres, adopte une position proche de celle des autres groupes de la majorité.

Ceci signifie que Benkirane exerce encore une grande influence au sein du PJD, comme en témoigne l’impact de son « Live » sur Facebook qui a fait que de nombreux membres du parti adoptent la position du Mouvement unicité et réformes (MUR) qui rejette l’enseignement des matières scientifiques dans une langue étrangère.

Pour les observateurs cette situation soulève la question de la stature de Saad Eddine El Othmani en tant que Chef du gouvernement et de secrétaire général d’un parti au pouvoir, et celle des objectifs visés par Abdelillah Benkirane, en tant qu’ancien secrétaire général du parti et ex-Premier ministre limogé, à travers ses déclarations visant à orienter les membres de son parti.

Une source PJDiste a indiqué à Hespress que les récentes directives de Benkirane ont été rejetées par une grande partie des ministres du PJD, notant que « ces directives restent des positions personnelles loin du principe de consensus qui doit gouverner une coalition gouvernementale ».

« Benkirane était toujours à la recherche d’un consensus pendant sa présidence du gouvernement, mais qu’aujourd’hui il insiste pour orienter le parti, ce qui contribue à la fragilité de la coalition gouvernementale et, partant, au faible bilan du gouvernement de Saad Eddine El Othmani à deux ans de la fin de son mandat », ajoute la même source.

Article19.ma

1 COMMENTAIRE

  1. C’est une grande déception de voir un ex premier ministre, n’ayant pas accepte son éviction en tant que premier ministre, bloque la loi cadre de l’éducation nationale, en demandant aux elus du pjd de ne pas voter cette loi. M. Saad Eddie , premier secrétaire du pjd et premier ministre n’a rien pu faire. A mon avis, nos députes ne sont pas courageux et ne méritent pas la confiance du peuple. Mon sentiment est de demander à nos représentants au parlement de déposer leur démission.

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