Par Dr. Jaouad Mabrouki

Je constate des échauffourées politiques qui scandent de plus en plus au sujet du choix de la langue d’enseignement. En réalité, ces querelles ne sont que des faux problèmes pour nous voiler la face sur la véritable problématique de l’anéantissement de notre système scolaire, dont le devenir est enténébré avec un marasme intellectuel qui saute aux yeux.

Je vous propose mon analyse de ce souk d’échange entre politiciens sur le choix de la langue :

1- Le faux problème

a- Règlement de comptes

Ce sujet n’est qu’un biais d’échange pour régler des comptes entre partis politiques. Mais aussi, il est utilisé par des politiciens et des intellectuels afin de régler leurs différends personnels.

b- La poudre aux yeux

Afin d’éviter les véritables problèmes du système d’enseignement marocain, le choix de la langue est utilisé par les politiciens pour nous éloigner d’une réflexion et d’une réforme profonde de l’enseignement, qui a atteint le point de non retour

Tout le monde a alors suivi le mouvement et tout se passe comme si le choix d’une langue permettrait à notre système d’éducation de sortir de son coma, ce qui est entièrement faux.

c- Enseignement « marchandise »

Hélas, l’enseignement marocain est devenu une marchandise commerciale et un bric-à-brac politique. Depuis le commencement de la privatisation de l’enseignement, des businessmans cupides et effrénés sont jetés comme des bêtes féroces sur ce secteur qui est devenu très prospère.

Mais avec le temps, nous remarquons que ces écoles privées marocaines ou étrangères ne sont que des usines robotiques qui n’ont produit aucun progrès de notre société. Il est évident que l’enseignement privé a cadavéré l’école marocaine !

Ainsi, l’enseignement privé, à son tour, utilise le choix de langue comme un nuage pour nous empêcher de voir sa réalité évidente.

2- La véritable problématique

En réalité, l’importance est de réformer l’enseignement marocain en éradiquant l’enseignement privé (marocain et étranger) et de lui donner tous les outils nécessaires pour progresser et se développer. Et dans ce projet le choix de la langue est vraiment secondaire. Je préfère d’abord un marocain cultivé, instruit, formé à toutes les sciences, qu’il parle ou non l’arabe, le français, la darija ou le japonais.

Les véritables querelles politiques doivent être autour de la réforme et peu importe la langue qui n’est d’autre qu’un outil de transmission de la culture, du savoir et de la connaissance.

À titre d’exemple, l’égalité des droits des sexes, l’apprentissage du respect, le sens d’appartenance à la société, le sens de servir son pays, tout ce qui fait un bon citoyen, sont-ils sans importance chez des marocains qui ne parlent pas l’arabe ou le français ?

Est-il important de décider le genre du carburant, alors que nous n’avons pas encore les moyens de transport ?

Article19.ma

1 COMMENTAIRE

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.