Comme l’autruche, certains hommes politiques en Espagne s’enfoncent la tête dans le sable de la Méditerranée pour ne pas regarder la réalité en face. Et pour cause, après une visite de deux jours au Maroc, le pape François a donné une conférence de presse à bord de l’avion qui le ramenait à Rome. Plusieurs thèmes ont été évoqués, dont l’immigration clandestine.

Le souverain pontife s’est montré ému à la vue des images des barbelés des clôtures de Ceuta et Melilla, montrées par un journaliste espagnol. Le pape aurait pleuré « car ça ne lui rentrait pas dans la tête, ni dans le coeur, autant de cruauté et de noyades en Méditerranée, au lieu de faire de ces ports un pont », a-t-il dit.

Par ailleurs, il a prédit que « les constructeurs… finiront par être prisonniers de ces mêmes murs qu’ils ont érigé».

+ Un mur pourquoi faire ? +

Après la réaction du pape, le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez a promis que « dans quelques mois, les barbelés seront retirés, et la barrière métallique de 6 mètres qui entoure nos villes espagnoles en Afrique, s’élèvera à la place un mur de 10 mètres », a rapporté La Nacion.

« Cela nous paraît plus humanitaire », a souligné le ministre de l’intérieur espagnol Fernando Grande Marlaska. Chose que la parti d’opposition, le Parti Populaire (PP), a qualifié d’hypocrisie.

« Ça fait autant mal de se couper avec les barbelés que de tomber d’une hauteur de dix mètres », a déclaré Sofía Acedo, sénatrice de Melilla et membre du PP.

+ Le Maroc doit payer les murs +

Santiago Abascal, leader national de VOX (parti d’extrême droite espagnol), a déclaré dans une interview lundi à Esradio qu’il est favorable à la construction de murs à Ceuta et Melilla.

Par ailleurs, il considère que Zapatero et le Maroc devraient en payer les frais, a rapporté La Vanguardia. Une idée qui fait écho à celle de Donald Trump, en érigeant un mur entre le Mexique et les Etats-Unis.

« Nous sommes conscients que nous pouvons pas obliger à Zapatero à payer ce mur », reconnaît Abascal, mais « Le Maroc devrait collaborer à sa construction », a-t-il insisté.

Il accuse le Maroc de faire « du chantage » à l’Union Européenne en « lançant des vagues d’immigrants clandestins … peut être devrait-il les payer », se justifie Abascal.

Il considère que ces murs serait bons « afin d’éviter les barbelés résultants dangereux à ceux qui les sautent », a rapporté la même source.

Mais du côté marocain la situation est évaluée autrement. « C’est grâce aux efforts déployés par les autorités marocaines que les vagues d’assaut successives de migrants clandestins … et le nombre de pateras dans le détroit de Gibraltar se sont estompés », a expliqué à Article19.ma un diplomate européen basé à Rabat.

Le diplomate qui a requit l’anonymat a souligné dans le même ordre d’idées que « certains politiciens espagnols font de la surenchère… et parlent sans avoir une idée claire de ce qui se passe réellement sur le terrain des opérations ».

+ Le Maroc renforce le contrôle de sa frontière +

Selon El Mundo, le ministre de l’Intérieur espagnol a déclaré en fin janvier que le Maroc est en train de renforcer le contrôle de sa frontière.

« Nous avons parlé à notre ambassade à Rabat et au gouvernement marocain, et la clôture entoure uniquement les postes de surveillance que le Maroc a érigé à la frontière afin de se protéger. »

La barrière couvre maintenant toute la région de Berrocal, une zone par laquelle de nouveaux assauts ont eu lieu ces dernières années.

La Commission européenne a débloqué un financement de 140 millions d’euros, dont 70 millions directement accordés au gouvernement marocain, pour aider le Maroc à lutter contre l’immigration clandestine, selon la même source.

Article19.ma

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