Trop c’est trop. Le wali de Bank Al-Maghrib Abdellatif Jouahri a réagit avec franchise à la menace de l’Union européenne (UE) visant à inclure le Maroc dans « la liste noire des paradis fiscaux », estimant qu’il s’agit d’une « manoeuvre politique » qui ne tient pas compte des domaines de la coopération bilatérale.

M. Jouahri, lors d’une conférence de presse mardi à Rabat, n’a pas caché son étonnement : « C’est une manœuvre politique…personnellement je crois que les négociations entre le Maroc et l’Union européenne devraient être globales ».

Et d’ajouter: « Comment est-il possible de coopérer avec l’Europe dans la lutte contre le terrorisme à travers l’échange de renseignements, et l’immigration illégale et nous demander d’empêcher les flux (migratoires) et, en échange, menacer de nous mettre sur la liste noire ».

« Qu’est-ce que cela signifie? « , s’est-il interrogé.

Pour le Wali de la banque centrale : « Heureusement, le Maroc a été classé sur la liste grise de l’UE depuis des années et n’a jamais été inclus dans la liste noire ».

Le gouvernement marocain est « conscient de ce problème » et devrait le soumettre à la discussion lors des négociations bilatérales entre le Maroc et l’Union européenne, a-t-il dit.

+ Le Maroc est engagé dans un dialogue constructif +

Au cœur de ce débat, le gouvernement El Othmani tente d’éviter les mesures brusques qui risquent de porter atteinte au tissu productif et aux intérêts nationaux et en dehors d’une approche globale convenue avec l’ensemble des opérateurs économiques.

Pour rappel, le Maroc, faisait partie des 18 pays et territoires qui devraient rester dans la liste grise ( liste d’observation), mais qui risquait de passer à la liste noire, selon l’ONG Oxfam.

Suite à la réunion à Bruxelles de l’Écofin Européen le 12 mars dernier, le Maroc n’a pas été inscrit dans cette fameuse liste noire et reste en observation dans la liste grise.

A noter que les pays qui figurent sur la liste noire ne peuvent pas bénéficier des financements de l’UE et pourront faire l’objet d’autres mesures de rétorsions.

Par ailleurs, Maroc s’est déjà engagé dans « un dialogue constructif » avec l’UE portant sur diverses questions fiscales et ce n’est un secret pour personne, selon une source bien informée.

Par ailleurs, le Maroc peut compter sur « la compréhension et le le soutien » de ses partenaires au sein de l’Union européenne qui suivent de très près « les efforts consentis » dans les réformes économiques et financières en cours dans le Royaume, ajoute la même source.

Rappelons qu’en outre des cinq pays et territoires qui figuraient déjà sur la liste noire, celle récemment révisée par l’Écofin de l’UE comprend désormais également les dix pays et territoires suivants: Aruba, la Barbade, le Belize, les Bermudes, la Dominique, les Émirats arabes unis, les Fidji, les Îles Marshall, Oman et le Vanuatu.

Article19.ma

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