La condition féminine est toujours au cœur du débat au Maroc. L’ancien cheikh salafiste marocain Mohamed Rafiqi, connu sous le nom d’Abou Hafs, a estimé qu’à chaque fois qu’il s’agit d’une question liée à « la situation de la femme », la jurisprudence religieuse se dresse pour « faire obstacle ».

Rafiqi est ancien détenu politique et parmi les jeunes djhadistes qui ont rejoint l’Afghanistan dans les années 90. Il est parti avec son père (infirmier) à cette époque à l’âge de 16 ans.

Rafiqi, qui intervenait lors d’une rencontre sur « l’égalité entre les exigences de la modernisation et la pensée religieuse » organisée par le Parti du progrès et du socialisme (PPS), a relevé que plusieurs lois relatives à la femme émanent de la pensée religieuse, expliquant que lorsqu’on évoque la question de l’héritage on se heurte à des “textes rigides” et même pour prouver la filiation des enfants nés hors mariages en utilisant les moyens scientifiques modernes “on vous dira que c’est contraire à la religion et à la chariaa.”

« Dans de nombreux cas, la religion vient entraver le progrès bien que de nombreuses lois soient civiles et n’ont rien à voir avec la religion », a-t-il dit.

Rafiqi a rappelé que des érudits de la religion disent que l’islam a honoré la femme et lui a accordé une position convenable et ceci à chaque appel relatif à l’amélioration de la situation de femme, mais le problème est que ce sont ces même personnes qui consacrent la ségrégation envers la femme.

+ Un coup d’arrêt dès l’établissement du premier Etat musulman des Omeyyade +

L’Islam a-t-il donné des droits à la femme? Pour Rafiqi, il ne faut pas juger l’apport de l’Islam par rapport au contexte historique actuel. « Il faut considérer les choses dans leur contexte historique et aussi par rapport au contexte qui leur était antérieur ».

Il a ainsi rappelé que les femmes n’avaient aucune part dans l’héritage. L’Islam est venu pour réaliser les droits économiques et sociaux dont les femmes ne jouissaient pas. « Que les femmes aient une part dans l’héritage a, sans doute, constitué alors en son temps un saut qualitatif », a-t-il affirmé estimant que la réalité a changé depuis et qu’il aurait fallu suivre l’évolution.

Mais au contraire, a relevé l’ancien salafiste, les progrès réalisés au profit de la femme ont connu un coup d’arrêt dès l’établissement du premier Etat musulman des Omeyyade, et au cours des régimes de pouvoir qui ont suivi à cause de l’alliance entre leurs dirigeants politiques et les cheikhs religieux.

Ces derniers ont même, selon lui, produit des textes qui consacrent la ségrégation envers les femmes, donc contraires aux valeurs de l’Islam.

Article19.ma

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