La violence live sur le Net, un nouveau défi moral du XXIème siècle? Et pour cause, la circulation virale et le format de diffusion en direct de l’attentat terroriste de Christchurch en Nouvelle-Zélande repose à nouveau la question du rôle des réseaux sociaux dans la vulgarisation des actes barbares.

Pendant dix-sept minutes, la vidéo montrant et glorifiant le massacre raciste de vendredi dernier a pu être diffusée, commentée et même « likée » sur le plus grand réseau social au monde, Facebook, qui affiche des conditions d’utilisation interdisant, en théorie, les images violentes et les incitations au meurtre.

L’attaque terroriste de Christchurch en Nouvelle-Zélande a été diffusée sur les réseaux sociaux en direct pendant 17 minutes avant d’être retirée, un temps suffisant pour qu’elle soit enregistrée, copiée et massivement partagée à travers le monde comme l’a résumé dans un tweet un journaliste du Washington Post : « Le massacre néo-zélandais a été diffusé en continu sur Facebook, annoncé sur 8chan, retransmis sur YouTube, commenté sur Reddit, et copié dans le monde entier avant même que les sociétés de technologie ne puissent réagir ».

« La police néo-zélandaise nous a alertés sur une vidéo Facebook peu après le lancement du live, et nous avons rapidement supprimé les comptes Facebook et Instagram du tireur et la vidéo », a expliqué un porte-parole du réseau à la presse américaine, annonçant qu’elle comptait également supprimer tout contenu affichant un soutien à cet attentat.

+ Extraits de vidéos accessibles sur Twitter et YouTube, dont les plus violents +

De son côté, Google, propriétaire de YouTube, a rappelé que de telles images étaient interdites sur la plate-forme vidéo, et a promis de tenter au maximum d’en empêcher la diffusion.

Toutefois, tout cela n’a pas empêché la vidéo, ou des extraits, de circuler abondamment sur Internet.

Des copies de la vidéo et des captures d’écran ont été partagées dans les heures qui ont suivi sur de nombreuses autres plates-formes que Facebook, dans le monde entier.

Selon le quotidien français Le Monde, vendredi matin, des extraits de la vidéo étaient par exemple encore largement accessibles sur Twitter et YouTube, dont les plus violents.

Par ailleurs, l’Agence AFP a analysé une copie de la vidéo publiée via l’outil Facebook Live avant que celle-ci soit retirée. On y voit un homme blanc aux cheveux courts se rendre en voiture jusqu’à la mosquée Masjid al Noor de Christchurch, puis tirer sur des fidèles à bout portant quand il rentre dans le lieu de culte.

La police néo-zélandaise a demandé de ne pas partager ces images.

Le mal était déjà fait…

Article19.ma

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