« Lentement on gravit la montagne », dit le proverbe arabe. Et pour cause, une étude vient de révéler l’effort de prédication et de mobilisation quotidienne entre les différents courants chiites en vue d’étendre leurs influences sur la scène religieuse au Maroc afin d’attirer les marocains vers le chiisme.

Selon une étude du Centre marocain des études et recherches modernes (CMERM) relayée par le quotidien « Akhbar Alyaoum », il est toutefois difficile de déterminer le nombre des chiites au Maroc en l’absence de statistiques officielles en plus de la sensibilité du sujet qui fait que certains chiites cachent leur foi.

L’étude, menée par ce centre proche du Mouvement unicité et réforme (MUR), a souligné que la question du chiisme au Maroc a connu des périodes de tolérance et d’autres de répression mais qu’à ce jour ce courant n’a jamais eu une reconnaissance officielle.

Les chiites de Tanger, après que leurs demandes dans le cadre légal sur les libertés publiques aient été rejetées, ont ainsi contourné la loi en présentant une demande en 2014 au tribunal de commerce de Fès pour la création d’un centre d’études et d’édition et ont ainsi obtenu une autorisation.

+ Veillée religieuse chiite à Laâyoune…+

L’étude a également relevé que la ville de Meknès constitue le berceau du chiisme au Maroc en raison notamment de certains de ses jeunes qui ont suivi leurs études en Syrie et au Liban. Toutefois, après que leur demande de créer une association ait été rejetée par les autorités et que leurs activités dans cette ville aient affronté des obstacles, ce sont les villes du nord dont Tanger, qui ont repris le flambeau du chiisme au Maroc.

Par ailleurs, l’étude a révélé que le chiisme s’est répandu dans les villes du Sahara, estimant à plus de 270 le nombre de personnes, dont des jeunes lauréats de l’enseignement supérieur, qui ont embrassé le chiisme dans la seule ville de Laâyoune.

Selon l’étude, les activités des adeptes du chiisme à Laâyoune ne sont pas aussi réprimées que dans les villes du nord. A titre d’exemple, un groupe de jeunes à Laâyoune a organisé une veillé religieuse à l’occasion de la mort du chiite saoudien Imam Baker Ennamir.

Le journal citant la même source affirme que les autorités concernées ont mis en place des commissions aux niveaux des préfectures et des provinces en vue de « lutter contre toute influence iranienne » et que « les librairies deraient scrutées » afin d’empêcher la présence des livres chiites dans ces lieux fréquentés par le grand public.

Article19.ma

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