Par Nabyl Lahlou

« A l’occasion de la tenue XXème Festival National du Film Marocain Aperçu sur les 19 festivals, jalonnés d’injustices:

Mister Kanfoudi Kanfoudiven et Son Excellence Le gouverneur général  de l’île de Chakerbakerben furent considérés persona non gratta, lors de la tenue à Rabat du 1er Festival National du Film Marocain. Par contre, Hadda fut accueilli triomphalement par le jury qui la récompensa et décora de cinq Médailles du Mérite : Le Grand Prix, Le Prix de la réalisation, Le Prix du scénario, Le Prix de l’interprétation féminine et Le Prix du décor. La valeur de ces cinq Prix correspondait, au dirham près, aux cent cinquante mille dirhams que les  producteurs de Hadda devaient au Centre Cinématographique Marocain qui avait mis à leur disposition tous les moyens pour réaliser leur film. Ces cinq prix, cuisinés par le CCM et labellisés par un jury, présidé par la scénariste et réalisatrice Farida Belyazid, porta un sale coup à la crédibilité du  Festival National du Film Marocain, à la valeur de ses Prix et à l’honnêteté de ses jurys.

Apres une longue période de sécheresse cinématographique, ce n’est que sept ans plus tard que le 3ème Festival National du Film Marocain  a pu voir le jour à Meknès  que le  président du jury quitta le soir même de la distribution des Prix pour ne pas avaliser un Palmarès qui a été falsifié à la dernière minute. Mehdi Manjra n’était ni l’homme des compromis ni celui des compromissions.

Nouvelle sécheresse pour le balbutiant cinéma marocain, dont la 4ème édition, tenue à Tanger en 1995, avait vu son Palmarès modifié à la demande du gouverneur de la ville de Tanger qui voulait que sa ville  offrit  un Prix. Ainsi, le Prix de la production, récompense suprême du Palmarès, fut détrôné par Le   Grand Prix de Tanger qui alla comme un gant à Jilali Ferhati, un tangérois d’adoption comme Tahar Benjelloun qui, onze ans auparavant, avait trempé dans l’affaire Hadda, en tant que membre du jury.

Après Tanger, ce n’est pas à Lagouira que le 5ème Festival National du Film a atterri, mais à Casablanca, sous la direction du prestataire de services pour les tournages étrangers, Sarim Fassi Fihri, qui, sur instruction du ministère de l’Intérieur, me priva d’assister à la cérémonie de clôture de la 5ème  édition du Festival National du Film Marocain.

+ Supercheries, tricheries, farces et mascarades +

De 2001 à 2018, quatorze festivals nationaux se sont déroulés, tous entachés de supercheries, de tricheries, de farces et de mascarades, à l’image de la cérémonie de clôture du 15ème Festival National du Film Marocain dont le président du jury, s’apprêtant à lire les noms des films récompensés, ne trouva pas dans la poche intérieure de sa veste la feuille contenant la liste des lauréats. S’en apercevant, le directeur général du Centre Cinématographique Marocain et président du Festival National du Film Marocain, Nour-Eddine Sail , se leva de son fauteuil à la première rangée de l’orchestre du cinéma Roxy, sortit un papier de sa poche et le tendit au président du jury, le professeur Abdallah Saaf, ex-ministre de l’enseignement secondaire, qui se mit à lire les noms des cinéastes et des films récompensés, en se demandant s’il n’était pas entrain de donner lecture d’un autre le palmarès que le sien.

Deux ans auparavant, le philosophe Edgar Morin, président du jury du 13ème Festival National du Film Marocain,   au bout de trois jours de  projections trop fatigantes pour ses 93 ans, quitta Tanger, devenu  le siège permanant du Festival National du Film Marocain, depuis sa 8ème édition en 2005. La  présidente du jury de cette 5ème édition, une espagnole nommée Isona Passola, quitta précipitamment Tanger, à quatre jours du Palmarès.

Le Festival National du Film Marocain, depuis  sa première édition en 1982, jusqu’à celle de 2018, a été marqué par des injustices, des  combines, des magouilles, des farces et des mascarades auxquelles les divers jurys prirent part pour faire plaisir aux directeurs qui les avaient nommés.

+ Noureddine Saîl a tué ce pauvre cinéma Marocain +

 Si les présidents et les membres des jurys des sept premières éditions du Festival National du Film Marocain étaient à 100% des marocains et des marocaines, Nour-Eddine Saîl, dès la tenue du 8ème Festival National du Film Marocain,   poignarda les cinéastes marocains en faisant juger leurs films par des jurys, présidés et composés de français, d’espagnols, de belges et d’italiens. Il a tué ce pauvre cinéma marocain en ouvrant le   Festival National du Film Marocain aux films étrangers faits par des cinéastes d’origine marocaine, proche ou lointaine. Des cinéastes qui découvraient soudainement qu’ils étaient marocains grâce  au Centre Cinématographique Marocain, dirigé par Nour-Edine Saîl qui leur a facilité l’octroi du fonds d’aide, initialement réserve à la production cinématographique marocaine. Nour-Eddine Sail a méprisé le cinéma marocain, écrit, produit et réalisé par les cinéastes du terroir.

En privilégiant les films réalisés par ses amis cinéastes, et des cinéastes belges, français, vivant et travaillant à l’étranger, Nour-Eddine Sail a assassiné le film marocain.Tala Hadid, cinéaste britannique, née d’un père d’origine irakienne et d’une mère d’origine marocaine, reçoit Le Grand Prix du 16eme FNF pour son film La nuit entrouverte. Comme j’ai dû le dire à Mohammed Berrada, président du jury, La nuit entrouverte  est un film qui n’a rien à faire dans un festival consacré au cinéma marocain. Il faut rappeler que le scénario de La porte entrouverte a été déposé au Centre Cinématographique Marocain en 2008, par Sarim Fassi Fihri, en tant que prestataire de services, pour l’obtention de l’avance sur recettes dont le président Bensalem Himmich lui accorda cinq millions de dirhams. Lanuit entrouverte verra le jour qu’en 2015. Et grâce à  son ami Sarim Fassi Fihri, l’actuel directeur du Centre Cinématographique Marocain, Tala Hadid a pu obtenu neuf cent mille dirhams de l’avance sur recette pour réaliser, filmer, monter et sonoriser un documentaire appelé House in the fields qui a obtenu Le Prix du jury et Le Prix du montage au 19ème Festival National du Film Marocain présidé par Rasha Salti et Christoph Terhechte

+ Soyez de tout cœur avec elle +

Si les présidents et les membres des jury de la 16eme, 17ème et 18ème édition du Le Festival National du Film Marocain étaient à 100% marocains, c’est sûrement grâce à l’ex ministre de la Communication, l’islamiste Mostapha Khalid qui a dû l’imposer à Sarim Fassi Fihri qu’il a placé à la tête du Centre Cinématographique Marocain.

Invité au Forum du Festival de Berlin où des films Franco-belges-marocains ont été projetés, Sarim Fassi Fihri, sachant déjà que Mostapha Khalfi n’es plus son ministre, invita Rasha Salti et Christoph Terhechte, les patrons du Forum du Festival de Berlin, pour présider la 19ème édition du  Festival National du Film Marocain qui vit le triomphe des films projetés au Forum de Berlin.

Évalué  à plus de sept milliards de centimes par son producteur et réalisateur, Souheil Ben Barga, l’ex-directeur général du Centre Cinématographique Marocain, son film Le songe du calife, envoyé au dernier  Festival International du Film de Marrakech  pour faire son Ouverture, a été rejeté par la nouvelle équipe artistique du Le Festival National du Film Marocain, composée de Christoph Terhechte, Rasha Salti, Ank Leweke, Rémi Bonhomme.

Le songe du calife a obtenu du Centre Cinématographique Marocain sept millions de dirhams.  A ce titre, Il doit faire partie intégrante des  quinze films marocains qui forment la Compétition Officielle du 20ème Festival National du Film Marocain.Bouanani ! Sakkat ! Chabaâ ! Réveillez-vous! Farida Belyazid, la présidente du 2ème Festival National du Film Marocain, dont vous étiez membres, en 1984, va présider le jury du 20ème Festival National du Film Marocain.  Soyez de tout cœur avec elle. »

N/B: Les idées exprimées dans cette chronique n’engagent que leur auteur.

Article19.ma

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