Au Maroc, Le bras-de-fer se poursuit entre les enseignants contractuels et le ministère de l’Education nationale. Ils entendent durcir leur mouvement de protestation au cours du mois prochain en observant une grève du 18 au 23 mars 2019 accompagnée d’un sit-in à Rabat en plus de l’organisation d’un cycle de conférences à caractère juridique pendant tout le mois à travers les différentes régions du royaume.

La Coordination des enseignants contractuels, qui a annoncé cette grève à l’issue de la réunion de son conseil national, a également dénoncé « l’intervention sauvage et répressive » des forces de l’ordre lors de leur récente manifestation à Rabat, accusant l’Etat de « récompenser les éducateurs des générations futures à coups de matraques et de jets d’eau en contradiction flagrante avec ses beaux slogans ».

La Coordination a également réaffirmé son rejet de « tout ce qui a trait à au statut du fonctionnaire des académies » de l’éducation nationale, réitérant son appel à la suppression du recrutement par contrat et à la titularisation de tous les enseignants contractuels.
Elle a, en outre, appelé tous les enseignants contractuels à « plus de vigilance » et à ne pas prendre aux mots toute promesse émanant des académies qui usent, selon la coordination, de tous les moyens pour tromper l’opinion publique.

+ 60.000 enseignants ont manifesté à Rabat +

Le collectif a, par ailleurs, indiqué que ses actions « militantes » au cours du mois de février ont été couronnées de succès en ce sens que le mouvement de grève a été observé par 95% des enseignants contractuels et que 60 000 parmi eux ont participé à la marche de protestation à Rabat, soulignant que le dialogue avec le gouvernement reste à ce jour bloqué.

Omar Gasmi, membre du conseil national de la coordination, a indiqué au site arabophone Hespress que « les revendications des contractuels dépassent le cadre catégoriel et sont politiques en ce sens que le plan de recrutement par contrat n’est pas lié à la question de combler le déficit (en enseignants) mais qu’il a été dicté par la Banque mondiale », ajoutant que « la marche de Rabat, qui a été réprimée, avait pour but de dénoncer le recul que connaît le pays à tous les niveaux ».

Le collectif a affirmé que la grève et le sit-in d’une semaine débutera le 23 mars en commémoration du soulèvement de 1965, accusant le gouvernement de poursuivre sa « politique de leurre » en proposant une annexe au contrat des enseignants sur « aucune base juridique ».

A cet égard, Gasmi a qualifié d’improvisation les déclarations du porte parole du gouvernement, Mustapha El Khalfi, selon lesquelles les contractuels sont titularisés auprès des académies. Et de s’interroger: « Si cela était vrai, alors pourquoi leur proposer de signer une annexe du contrat pour un an ? Comment El Khalfi expliquerait-il le renvoi de nombreux enseignants à travers le Maroc? ».

Article19.ma

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