Un nouveau rebondissement dans l’affaire Benalla. Le président de la société de sécurité Velours, dont le nom est apparu dans cette affaire surmédiatisée pour avoir assuré la sous-traitance d’un contrat avec un oligarque russe, doit être entendu mercredi comme témoin dans l’enquête ouverte à ce sujet, a indiqué le groupe à l’AFP.

Dans ce dossier tentaculaire, le nom de cette société, qui a employé l’ancien collaborateur d’Emmanuel Macron entre octobre 2014 et novembre 2015, a été cité dans les révélations en décembre par le site d’investigation Mediapart à propos d’un contrat signé entre Mars, la société de Vincent Crase – ex-employé de LREM mis en examen avec Alexandre Benalla pour les violences du 1er-Mai – et le sulfureux oligarque russe Iskander Makhmoudov, selon la même source.

Ce dernier, un milliardaire à la tête d’un empire industriel en Russie, est présenté par la justice espagnole comme faisant partie d’une puissante organisation criminelle.

Mediapart a dévoilé lundi des détails concernant les contrats liant Benalla et deux businessmans russes, dont les fonds auraient été en partie encaissés au Maroc. Les deux transactions totaliseraient 2,2 millions d’euros.

+ Biographie de Alexandre Benalla +

Alexandre Benalla naît le 8 septembre 1991 à Evreux. Il arrête ses études après l’obtention d’un Master 1 en sécurité publique et souhaite devenir gendarme réserviste.

Formé à la sécurité politique par le parti socialiste, Alexandre Benalla prend en charge la sécurité de Martine Aubry puis de François Hollande alors qu’il est candidat à l’élection présidentielle de 2012. Il se fait licencier de son emploi de chauffeur par Arnaud Montebourg après avoir voulu prendre la fuite lors d’un accident.

Devenu responsable sécurité pour le parti politique En Marche, Alexandre Benalla est désigné chargé de mission pour la sécurité du président Emmanuel Macron en 2017. Un port d’armes lui est confié, ainsi qu’une voiture de fonction avec chauffeur et un appartement au palais de l’Alma. En juillet 2018, des vidéos du jeune homme en train de frapper des manifestants le 1er mai circulent. On y voit Alexandre Benalla faire preuve de violence et user de pouvoirs qu’il n’a pas pour faire régner l’ordre public. D’autres éléments intrigants surgissent dans l’affaire, comme la possession d’un badge d’accès à l’Assemblée nationale. Auditionné dans le cadre de l’affaire Benalla, il perd son emploi à l’Elysée et plonge le président et Gérard Collomb dans une polémique sans précédent.

+ Les choses se compliquent pour Benalla +

Alors que le scandale a éclaté par de simples violences volontaires, l’affaire a connu de nombreux rebondissements. Une enquête a été ouverte pour corruption visant le contrat présumé entre Iskander Makhmoudov et Vincent Crase, conclu par Alexandre Benalla lors de ses collaborations au sein de l’Elysée.

Jean-Maurice Bernard, ancien membre de la BRI et prestataire à travers sa société de sécurité, affirme que la transaction s’élève à 294 000 euros. Petit détail au passage : une partie de ces négociations fût effectuée dans les locaux du parti macroniste, La République en Marche.

Alexandre Benalla aurait aussitôt lancé une deuxième société après son licenciement en juillet 2018, France Close Protection, afin de récupérer le dossier sans éveiller les soupçons. Un montant de 980 000 euros aurait fait l’objet de la nouvelle entente, dont 300 000 en provenance de Monaco.

Mediapart affirme que Benalla aurait négocié avec Fahkad Akhmedov, un second contrat d’une valeur s’élevant aussi à 980 000 euros, en décembre 2018. 350 000 euros auraient été perçus en France, et le reste transmis via une transaction au Maroc.

L’ex-collaborateur de LREM aurait été aperçu le 9 février, s’amuser impunément dans un bar de Marrakech malgré son parjure devant le sénat, ainsi que le viol de son contrôle judiciaire.

Le ministre de l’intérieur Christophe Castaner nie toute grièveté dans cette histoire : «Ce n’est pas une affaire d’Etat, c’est l’affaire d’un bonhomme qui manifestement a fait n’importe quoi et continue à faire n’importe quoi», «Je pense qu’on est plus dans une affaire de cornecul que dans une affaire de James Bond», a-t-il affirmé sur France info.

Article19.ma

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