Polémique en cours autour de la monarchie parlementaire au Maroc. Nouvelle sortie médiatique de l’ancien chef du gouvernement et ex-secrétaire général du Parti justice et développement (PJD), Abdelillah Benkirane, cette fois c’est pour répondre aux critiques de son collègue Mustapha Ramid auquel il reproche sa position concernant la monarchie parlementaire où le roi règne mais ne gouverne pas.  

Benkirane, qui s’exprimait, vendredi à son domicile à Rabat devant des membres d’une section du PJD, a estimé que « Ramid n’a rien dit de nouveau », ajoutant que ce dernier a affirmé que la monarchie parlementaire est « la solution, mais que les conditions ne sont pas encore réunies. C’est donc rien, fin du débat ».

« Moi, je n’ai jamais dit que je suis contre la monarchie parlementaire, mais j’ai dit que je suis contre une monarchie parlementaire où le roi règne mais ne gouverne pas. Dites-moi ce que vous voulez? », a affirmé l’ancien du chef du gouvernement, lors de cette rencontre qui a été diffusée en direct sur Facebook.

Au Maroc il n’y a pas le PJD, les indépendants, le Parti authenticité et modernité et l’Union socialiste des forces populaires, mais « un certain nombre de créatures et d’instances », a assuré Benkirane, dont les propos ont été relayés par elaphmorocco, en allusion aux lobbies et coalitions qui agissent dans les coulisses.

Il a également mis en garde contre le danger de négliger la commanderie des croyants qu’il considère comme étant le gardien du champ religieux dans le pays.

« Pourquoi les religieux sont-ils calmes au Maroc alors qu’ils attisent les conflits dans d’autres pays … Bien sûr, il y a une autorité, y a-t-il un pouvoir à même de maintenir dans le calme tout un peuple? Il y a la commanderie des croyants et le champs religieux a son chef ».

Lorsque le champs religieux « devient anarchique, nous verrons des choses inimaginables. Chacun est à sa place car il y a une autorité religieuse représentée par Sa Majesté le Roi, qui est le commandeur des croyants auquel tout le monde doit être soumis. Il existe une sécurité spirituelle dans le pays et un pouvoir qui y veille », a-t-il encore souligné.

+ « Nous croyons à la liberté qui précède la croyance »+

Concernant la situation du PJD, Benkirane s’est interrogé sur la phase que traverse le parti, ajoutant: « tant que le fondement existe toujours, nous continuerons, si nous le délaisseronsÀÀAous serons finis ».

« Si nous abandonnerons le sérieux et la démocratie interne nous serons finis, quant à ce que disent nos adversaires je n’y accorde aucun intérêt et c’est naturel », a affirmé Benkirane relevant que son parti a « trouvé ceux qui profitent, d’une certaine manière, de la vie politique, il est venu participer avec eux à la vie politique et nous sommes devenus le premier acteur politique, il est naturel qu’ils nous ne laissent pas (en paix) et, malheureusement, la concurrence est déloyale dans l’action politique ».

Il a également souligné que le PJD a « une responsabilité historique envers Dieu et envers le peuple, et qu’il ne devrait pas se permettre de s’effondrer et que le problème n’était pas lié aux élections », estimant que le parti politique sain « n’est pas celui qui réussit toujours, mais qui pourrait échouer et qui devrait recommencer et dépasser les erreurs ».

« Le Maroc est plus important que nos situations, roi et peuple, le peuple a clairement voté pour nous en crevant les yeux de nos adversaires, les résultats de 2015 et 2016 ont été impressionnants. Pour preuve, nous dirigeons aujourd’hui la plupart des grandes villes ».

Abordant la controverse provoquée par les photos à Paris de la députée Amina Maelainine, Benkirane a fait savoir que les « gens n’ont pas compris ses propos » en ce sens qu’il ne l’a pas soutenue, ajoutant que « bien sûr, je n’aimerai pas que mon épouse ou mes filles fassent la même chose, mais il s’agit d’attaques contre une femme pour ses positions politiques ».

« Que serait-il passé à Paris? Dieu seul le sait. A ce jour, elle ne m’a pas dit s’il s’agit de photos authentiques. Et si elles étaient authentiques, il s’agit d’un moment de faiblesse humaine. Mais comment le parti va traiter cette affaire?…Est-ce qu’un parti sérieux fera de cette affaire un problème? Il est déplacé de dire que les gens avaient voté pour elle parce qu’elle portait le voile. Ce n’est pas sérieux », a-t-il dit.

Pour lui, les Marocains ont « voté pour le PJD, pour Abdelillah Benkirane. C’est vrai qu’ils ont aussi voté pour elle, mais pas parce qu’elle était voilée ».

Toutefois, le leader des islamistes a relevé que ce qui est reproché à la députée était son manque de clarté avant d’affirmer: « Peut-être que leurs critiques sont justes, en fin de compte, nous croyons à la liberté qui précède la croyance ». Benkirane a estimé que si le PJD fait de cette affaire « un problème, il donnera l’impression que ce que disent nos adversaires est juste, c’est à dire que nous sommes une secte et ceci n’est pas juste », relevant que l’écrivaine marocaine Khnata Bennouna ne porte pas le voile et « nous la considérons comme une sainte ».

Article19.ma

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