Le Hirak d’Al Hoceima s’inscrit dans des dynamiques sociales et politiques complexes, telle est la conclusion à laquelle est parvenue une étude conduite par le Centre marocain de recherche « Tafra ».

L’étude, dont les auteurs se sont interrogés sur le lien entre la pauvreté et les mouvements sociaux, ont relevé que la région de Tanger – Tétouan – Al Hoceima qui présentait en 2004 un taux de pauvreté (Indice de pauvreté multidimensionnelle – IPM) parmi les plus élevés du Maroc a vu sa situation s’améliorer en ce sens qu’en 2014, ledit indice a fortement baissé avec un IPM moyen de 6% contre 7% pour le reste du Maroc plaçant même la ville d’Al Hoceima et les communes attenantes d’Imzouren et de Bni Bouayach parmi les 10% des communes les moins pauvres du Maroc avec un IPM de 0,6%.

Cette amélioration est le résultat des très importants investissements réalisés, après le séisme du 24 février 2004, à la fois dans les infrastructures, le logement mais aussi l’accès aux services de base comme la santé, notamment grâce à l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH).

Toutefois, relève l’étude, la réduction de la pauvreté et le déploiement des infrastructures n’ont pas permis une dynamique économique créatrice d’emplois. La ville d’Al Hoceima et sa périphérie restent marquées par un très fort taux de chômage, qui dépasse les 21% et qui est largement supérieur à la moyenne régionale des communes, 12%.

La ville d’Al Hoceima est restée, selon l’étude, à l’écart de la dynamique économique régionale liée à un des plus faibles taux d’emploi dans le secteur privé, qui ne dépasse pas les 42% alors qu’il est à plus de 50% dans les autres villes de la région. Ainsi, les investissements publics n’ont pas eu d’effet de levier sur les investissements productifs privés. Par conséquent, les habitants et tout particulièrement les jeunes se retrouvent sans horizon, sans pour autant vivre dans le dénuement.

+ Les nouvelles technologies de l’info…des relais de l’expression politique +

Malgré les projets réalisés et les annonces de projets encore plus ambitieux, ces derniers apparaissent comme incapables de répondre aux attentes profondes des citoyens: l’accès à des emplois de qualité et des services publics efficaces. Les citoyens se mobilisent alors pour interpeller directement le gouvernement, accentuant le discrédit des élus locaux et des processus électoraux.

L’étude note, par ailleurs, que la réduction de la pauvreté et le déploiement des infrastructures ont favorisé un accès massif aux nouvelles technologies de l’information et de la communication (portable, ordinateur et Internet).

Selon Tafra, la baisse des prix notamment de la téléphonie a permis un taux d’équipement des ménages élevés, ainsi 96% des ménages d’Al Hoceima disposent d’un téléphone portable contre 88% en moyenne pour la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima. De même, le taux d’équipement des ménages d’Al Hoceima est parmi les plus élevés en ce qui concerne la connexion à Internet (3e régional avec 34% des ménages) et les plus nombreux à posséder un ordinateur personnel (2e régional avec 40% des ménages).

Or, selon cette étude, les nouvelles technologies de l’information et de la communication sont devenus les relais principaux de l’expression politique permettant d’organiser de larges manifestations en 2011, 2016 et 2017 puis de diffuser à l’échelle nationale les revendications locales. Et c’est par les réseaux sociaux que « les citoyens s’émancipent des structures d’encadrement politiques classiques et tout particulièrement des représentants élus ».

Pour lire l’analyse complète de Tafra, cliquez ici

 Article19.ma

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