La situation macroéconomique du Maroc s’est améliorée ces dernières années, mais « des réformes accélérées sont nécessaires » pour parvenir à une croissance plus forte et plus inclusive, souligne un rapport du Fonds monétaire internationale publié jeudi.

Selon ce rapport, l’activité économique a rebondi au Maroc en 2017-2018, soutenue par deux très bonnes années agricoles, et une faible inflation malgré la hausse des prix du pétrole, qui a pesé sur la balance extérieure.

Toutefois, le FMI relève une certaine lenteur des réformes depuis les dernières élections législatives, soulignant que « certaines réformes importantes ont été introduites en 2018, mais que beaucoup reste à faire, particulièrement pour promouvoir le capital humain et renforcer le marché du travail en vue de réduire le chômage structurel (notamment des jeunes), renforcer les filets de sécurité et promouvoir une croissance plus fortes et plus inclusive ».

Le rapport rappelle que le Maroc a bénéficié depuis 2012 de 3 accords successifs au titre de la ligne de précaution et de liquidité (LPL) pour soutenir les réformes économiques engagées par les autorités dans un contexte marqué par les incertitudes sur les prix mondiaux du pétrole et une croissance faible de ses partenaires commerciaux européens.

Pour le FMI, « il reste beaucoup à faire pour renforcer la résilience macroéconomique, favoriser la croissance et réduire le chômage et les inégalités », d’où l’approbation par le FMI en décembre dernier du dernier un accord en faveur du Maroc au titre de la LPL qui « offrira une assurance contre les risques extérieurs, appuiera l’action entreprise par les autorités pour continuer de réduire la vulnérabilité budgétaire et extérieure, et promouvoir une croissance plus élevée et plus inclusive ».

Le FMI relève que le gouvernement marocain est « déterminé à mettre en œuvre des politiques et des réformes saines », soulignant que ses priorités politiques incluent « une prudence budgétaire » et « une progression constante en matière de flexibilité du taux de change, de réformes de la fiscalité, de gouvernance, de contrôle des entreprises publiques, de décentralisation fiscale et d’amélioration de l’environnement des affaires » et de réduction des inégalités sociales et territoriales.

Le rapport, qui rappelle les tensions sociales de 2017 notamment dans la région du Rif, souligne la bonne tenue de l’activité économique en 2018, relevant que les estimations préliminaires montrent que la croissance devrait atteindre 3,1% en 2018, soutenue par une autre bonne récolte de céréales et une forte activité dans le tourisme et le commerce alors que le chômage reste élevé, à 10% au troisième trimestre de 2018, en particulier chez les jeunes et les diplômés (27,5% et 17,1%, respectivement).

Pour 2018, les dernières données, selon le FMI, montrent que « les recettes provenant de l’impôt sur les sociétés sont restées faibles et les subventions (en provenance principalement des pays du Golfe) ont été inférieurs aux prévisions (10% du montant prévu à fin octobre 2018) » alors que les subventions de l’Etat ont été nettement plus élevées que prévu en raison de la hausse des prix du gaz butane.

Globalement, le déficit global devrait atteindre 3,6% du PIB en 2018, alors que les autorités avaient un objectif de 3%.

Selon le rapport, la dette publique reste « acceptable et devrait se stabiliser autour de 65,3% du PIB en 2018 (contre 65,1% en 2017) ».

La politique monétaire est restée « accommodante dans un contexte d’inflation modérée et de croissance modérée du secteur non agricole et du crédit », a ajouté le rapport indiquant que l’inflation est restée limitée à 1,1% en octobre dernier (contre 0,64% en octobre 2017) en raison de la hausse des prix des produits alimentaires et de l’énergie et devrait s’établir autour de 2% en 2018.

+ Le FMI s’attend à une croissance graduelle, une inflation modérée et un renforcement des finances publiques +

Le rapport relève, par ailleurs, que le déficit de la balance courante devrait se creuser pour atteindre 4,5% en 2018 contre 3,6% en 2017 à cause, principalement, des importantes importations d’énergie et de biens d’équipement, malgré des exportations soutenues de phosphate et de produits industriels, notant que les fluctuations des taux de change sont restées très limitées et que Bank Almaghrib n’est pas intervenue sur le marché de changes depuis mars 2018.

Le FMI estime, en outre, nécessaire de renforcer la capitalisation des banques à la suite de l’adoption de la Norme internationale d’information financière (IFRS 9), alors que les prêts non performants, la concentration et l’expansion internationale demeurent des facteurs de risque importants.

La norme IFRS 9 introduit en janvier 2018 par les autorités marocaines a amélioré les pratiques de classement et de provisionnement des prêts des banques, indique le FMI ajoutant que son impact sera progressif au cours des cinq prochaines années en augmentant le capital en conséquence.

L’expansion continue des banques marocaines en Afrique (plus récemment en Egypte) offre des possibilités de diversification et de profit, mais constitue également un canal potentiel de transmission de risques, souligne le FMI.

Pour ce qui est des prévisions, le FMI s’attend à une croissance graduelle, une inflation modérée et un renforcement des finances publiques.

La croissance devrait atteindre 3,3% en 2019 et 4,5% à moyen terme si les réformes prévues par le gouvernement sont mises en œuvre notamment celles visant l’amélioration de l’environnement des entreprises, du marché du travail et la diversification industrielle.

L’inflation devrait ralentir et s’établir à 1,4% en 2019 en raison de la baisse des prix des produits de base et des produits alimentaires, et se stabiliser autour de 2% à moyen terme.

Le déficit budgétaire devrait atteindre 3,7% du PIB en 2019, tandis que les recettes escomptées de la privatisation contribueraient à réduire la dette publique de près de 60% du PIB à moyen terme, selon le FMI.

Le déficit de la balance courante, selon les auteurs du rapport, devrait tomber à 4% du PIB en 2019 et à 2,8% du PIB à moyen terme, tirée par la croissance soutenue des exportations, les recettes du tourisme et les transferts de fonds alors que l’investissement direct étranger devrait atteindre 2,2% du PIB et les autres flux privés osciller autour de 1,7% du PIB.

Article19.ma

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