Peut-on en même tesehimi-mustaphamps souffler le chaud et le froid? Difficile, non? Pourtant, c’est dans cet exercice d’équilibrisme que s’installe de nouveau le Chef du gouvernement.

Faisant suite à un meeting qu’il a présidé, le 24 août 2014, où il avait repris sa rhétorique habituelle, un communiqué en date du 4 septembre du secrétariat national de son parti a pris également position. En substance, ce texte dénonce certains agents d’autorité qui font montre de «domination» et même de «corruption» et ce en se distinguant par des pressions et des menées contre le PID.

La formation islamiste ne s’embarrasse guère de nuances et met ainsi en cause des «parties» accusées d’agir en vue des prochaines échéances électorales, notamment celles de 2015 (communales, régionales … ). Elle dénonce «ce genre de comportement malsain qui porte gravement préjudice au rayonnement du modèle du Maroc en matière de stabilité et de progrès économique». Une telle prise de position a suscité diverses réactions. Celle du dirigeant de la formation istiqlalienne,
Hamid Cha bat, ne manque pas d’intérêt. A l’occasion de la 3ème édition du Festival national de la jeunesse et de l’étudiant, à Meknès, le 9 septembre, il s’en est pris au triptyque -Chef de gouvernement, ministres de l’Intérieur et de la Justiceen les mettant en garde contre «toute tentative de fausser la volonté des électeurs, de porter atteinte au processus démocratique et de tergiverser dans la mise en œuvre de la Constitution».

Sur la base de ces éléments, parmi tant d’autres, force est de faire ce premier constat: la préparation et l’organisation des prochains scrutins vont cristalliser les positions des partis en lice. En affinant, l’on peut sans doute d’ores et déjà identifier plusieurs points de fixation: BenkiraneHassad; PID-majorité; Benkirane-opposition. y aura-t-il consensus? Arrivera-t-on à des compromis insatisfaisants pour tous mais nécessaires? Comment vont donc se dérouler tous ces rendez-vous politiques? Et selon quelle méthodologie de travail? En bonne logique institutionnelle, sinon politique, pareille responsabilité revient au chef de l’Exécutif. Dans ce schéma, le ministère
de l’Intérieur n’est -et ne doit être- qu’un maître-d’œuvre. Par avance, il n’y aura pas de commission nationale indépendante. Mais se pose ici la question de la nature et de la portée de la concertation prévue par le gouvernement avec les partis. La concertation veut dire quoi, en l’espèce? Comment se fera alors la répartition des compétences entre Abdelilah Benkirane et Mohamed Hassad? Dans le discours officiel actuel, le Chef du gouvernement précise qu’il assurera la supervision politique de ce processus; le ministre de l’Intérieur, lui, étant chargé de la mise au point des projets de textes.

Un accord sera-t-il possible à terme sur des bases jugées acceptables par les uns et les autres: d’un côté, le Chef du gouvernement et les composantes de sa majorité et, de l’autre, les formations du camp de l’opposition? Abdelilah Benkirane paraît s’être rallié à une certaine méthodologie d’approche et d’appréhension finale; il a pratiquement accepté que l’organisation des prochains scrutins soit menée par le ministre de l’Intérieur. Il assume ici une double fonction:
celle de Chef du gouvernement assurant, en principe, la supervision politique et celle de responsable du PID -un dédoublement fonctionnel passablement laborieux. A la limite, les textes en préparation peuvent être impeccables, mais c’est la neutralité de l’Administration qui n’est pas réglée. Et là, Mohamed Hassad en assumera la pleine responsabilité tout en l’imputant, au passage, au Chef du gouvernement et à l’ensemble de son cabinet …

 

Par : Mustapha Sehimi

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