Après l’université Clermont-Auvergne, c’est au tour de l’Université Lumière Lyon 2 d’annoncer, ce mardi, son refus d’appliquer la hausse controversée des frais d’inscription pour les étudiants hors Union européenne (UE), prévue à la rentrée 2019-2020 par le gouvernement.

«L’Université Lumière Lyon 2 exonérera à la rentrée universitaire 2019/2020 l’ensemble des étudiants étrangers de ces frais complémentaires et leur appliquera uniquement les droits en vigueur pour l’ensemble des étudiants français», a affirmé cette université du centre-est de la France dans un communiqué.

Le gouvernement français avait annoncé en novembre une augmentation des frais d’inscription pour les étudiants hors-UE, qui passeront de 170 à 2770 euros en licence, et de 243 à 3770 euros en master (le même montant en doctorat) pour à la rentrée 2019, tout en indiquant vouloir attirer davantage d’étudiants internationaux en améliorant la politique des visas et en offrant davantage de bourses, notamment à ceux venus du Maghreb et de l’Afrique francophone.

«Si l’amélioration de l’accueil des étudiants étrangers est évidemment une nécessité», souligne l’université Lumière Lyon 2, l’augmentation des droits d’inscription, estime-t-elle, «ne paraît ni pertinente, ni juste car elle concerne des étudiants parmi les plus fragiles et bat en brèche le principe d’égalité de traitement entre usagers du service public».

Dans une Tribune publiée récemment par le Journal du Dimanche (JDD), de nombreuses personnalités ont exhorté le gouvernement français à revenir sur sa décision d’augmenter les droits d’inscription pour les étudiants non communautaires.

«A y regarder de plus près, c’est un mur de l’argent que le gouvernement est en train de construire contre les étudiants étrangers», ont-elles dénoncé.

«Présentée comme une mesure d’+équité solidaire+, cette augmentation des droits, qui ne semblent pas en l’état du projet indexés sur les revenus des parents, menace d’abord les étudiants les moins fortunés», ont critiqué ces personnalités parmi lesquelles Isabelle Adjani, Juliette Binoche, Aurélien Barrau, Cédric Klapisch, Lilian Thuram…

Selon les signataires de cette Tribune, cette «sélection selon la richesse et l’origine géographique» est «insupportable». Il s’agit d’un «coup porté à la francophonie comme institution et à la solidarité que nous devons aux autres pays de cet espace linguistique», ont-ils estimé.

Dans ce contexte, ils ont exhorté le gouvernement à «retirer cette mesure et à ouvrir un débat national sur le financement des universités».

Article19.ma

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