Au Maroc, le ministre de l’Éducation nationale, de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Saïd Amzazi, a tiré lundi la sonnette d’alarme sur une véritable hémorragie dont souffre le pays en dévoilant que « plus de 600 ingénieurs quittent le Maroc chaque année ».

En réponse à une question du groupe du Parti de l’Istiqlal “unité et égalité”, lors de la séance de questions orales à la Chambre des représentants, le ministre, a expliqué que « la fuite des cerveaux » est un phénomène international et ne concerne pas seulement le Maroc et ce en raison de la recherche par les compétences de conditions matérielles plus intéressantes.

Amzazi a ajouté que le départ des cadres marocains intervient dans le contexte des mutations technologiques et du haut niveau des laboratoires internationaux dans ce domaine, estimant, que le Maroc n’offre pas d’incitations à même d’attirer les talents marocains déployés à travers le monde.

Il a souligné, à cet égard, qu’un enseignant chercheur marocain en Europe au cas où il déciderait de rentrer dans son pays il sera recruté au bas de l’échelle administratif, en tant que maître assistant ce que ne pourrait accepter aucun chercheur universitaire établi à l’étranger.

Le ministre a ainsi proposé la création d’un nouveau grade qui garantisse à ces compétences les conditions adéquates dans les universités et instituts marocains.

+ Phénomène préoccupant et embarrassant +

Pour sa part, Lahcen Haddad du groupe istiqlalien a affirmé que le phénomène de la fuite des cerveaux est devenu “très préoccupant et embarrassant pour le Maroc”, soulignant que le départ de 600 ingénieurs par an équivaut au nombre des lauréats de 4 écoles d’ingénieurs à Casablanca.

Le parlementaire a indiqué que la fuite des cerveaux a gagné aussi les médecins, soulignant qu’une étude effectuée sur 3.000 cadres marocains a révélé que 56% d’entre eux ont indiqué que leurs conditions de travail ne sont pas bonnes et que leurs rémunérations sont très faibles, ce qui constitue une source de préoccupation, d’autant plus que c’est le Maroc qui les a formés et que c’est d’autres pays qui bénéficient de leurs compétences.

La Fédération marocaine des technologies de l’information, des télécommunications et de l’offshoring (APEBI) avait déjà tiré la sonnette d’alarme sur le nombre élevé des cadres marocains qui quittent le pays à un moment où le Maroc a besoin de leurs compétences.

Les instituts marocains de différents forment annuellement entre 6 000 et 7 000 cadres dans des métiers liés aux technologies de l’information et de la communication dont 10 à 20 % choisissent de partir travailler à l’étranger.

Article19.ma

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