Une véritable guerre des mots. Au Maroc, la direction du site d’information marocain Hespress et deux de ses journalistes continuent de s’accuser mutuellement par voie de presse. Alors que le directeur général du site Hassan El Guennouni a affirmé dans une  une interview à aljazeera.net que les accusations portées par les journalistes Noureddine Lachhab et Khalid El Berhli font partie d’une campagne le visant personnellement et que “la justice tranchera” sur cette affaire, ces derniers ont réitéré dans des déclarations au même média leurs critiques sévères à l’encontre des responsables de la société du site.

Lachhab, qui a de nouveau dénoncé “la complaisance” dont fait preuve Hespress à l’égard des Emirats, a également affirmé que “la ligne éditoriale (du site), qui a changé depuis 2016, présente Israël comme étant plus proche du lecteur marocain et musulman que certains pays arabes et comme étant un Etat démocratique dans la région”, ce qui, a-t-il ajouté, a constitué un choc pour lui eu égard à ses convictions.

Il a rappelé, à cet égard, la série des articles consacrés pendant le mois de Ramadan par Hespress à Israël sous le titre “Un Marocain dans les territoires occupés” dans lesquels le site a tenté de donner une image idyllique de l’Etat israélien au moment où les Palestiniens subissent les tirs et l’isolement parallèlement à l’annonce d’Al Qods comme capitale israélienne.

Le journaliste a ajouté que le directeur du site lui a demandé de rencontrer un intellectuel dans un pays arabe avant de découvrir qu’il s’agit d’un israélien qui lui a parlé de la possibilité de développer la coopération et la coordination avec eux.

De son côté, l’ancien journaliste de Hespress, directeur et actionnaire à hauteur de 20 pc de Hesport, Khalid El Berhli, a indiqué que le site ne se contente pas seulement de porter atteinte à l’image de Qatar mais cherche également à créer des crises politiques entre ce pays et le Maroc, rappelant l’article accusant les Qataris qui s’adonnent à la chasse dans le désert d’Assa Zag de coopérer avec le polisario.

Il a ajouté que ledit article a failli créer une crise grave entre les deux pays et a été à l’origine de la plainte de l’ambassadeur qatari au ministre des affaires étrangères Nacer Bourita, plainte dans laquelle il a dénoncé ces accusations qu’il a jugé comme étant infondées et de nature à porter atteinte aux relations entre Rabat et Doha.

+ « Qui dispose de preuves se devra alors de les présenter devant le tribunal”

Pour El Berhli, ce genre d’article relève du travail “des services” (de renseignement) et non pas de journalistes et “nuit à l’Etat et aux appareils sécuritaires, militaires et de renseignement  marocains”.

Il a expliqué que c’est pour ces raisons qu’il a décidé avec son collègue de quitter le site après qu’ils aient pris conscience qu’ils travaillent pour “un agenda étranger…contraires aux valeurs des Marocains, à leur histoire et à leur culture”.

Lachhab a, par ailleurs, souligné qu’il a présenté sa démission en 2016 lorsque le site a changé sa ligne éditoriale alors qu’El Berhli a indiqué qu’il a fait de même 4 fois depuis 2015 mais que sa démission a été à chaque fois rejetée avant que ne soient piratés leurs emails en octobre dernier.

El Berhli a estimé que le piratage de leurs emails a été motivé par le fait que la direction du site cherche à effacer les messages contenant leurs échanges avec les responsables du site sur certains pays et les valeurs sacrées du pays.

Pour sa part, Hassan El Guennouni a rejeté l’ensemble de ces accusations qu’il considère comme étant une campagne contre Hespress, soulignant qu’il ne leur répondra pas par des communiqués mais qu’il recourra à la justice et que “celui qui dispose de preuves se devra alors de les présenter devant le tribunal”.

Article19.ma

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