Au Maroc, le ministère de la Santé annonce qu’il est temps de fermer l’asile populaire ‘Bouya Omar’ (Le Père Omar) qui enferme des milliers de « malades mentaux » dans des conditions moyenâgeuses.

En fait,  il y a quelques années (2009), la SNRT avait diffusé un reportage exclusif, témoignages à l’appui, sur les souffrances des personnes internées dans ce Goulag marocain, souvent enchainées et jetées aux oubliettes. Le reportage a fait couler beaucoup d’encre mais sans suite…

Cette semaine, nos collègues du magazine ‘TelQuel’ ont attiré l’attention des lecteurs sur trois faits ou « vérités bonnes à savoir » que nous reproduisons intégralement: 

1- Ils sont 30000 à résider au centre d’internement annuellement. Un chiffre rendu public dans un récent rapport du ministre de la Santé. Près de 15000 personnes y séjournent pendant la fête du Mawlid. Non loin de Marrakech, Bouya Omar, marabout local, abrite 711 personnes souffrant de troubles mentaux, dont 97% d’hommes, qui vivent dans des conditions alarmantes. « Il est aujourd’hui nécessaire de mettre fin à la situation désastreuse de Bouya Omar. Ses pensionnaires sont maltraités, trop peu nourris le ministre de la Santé, El Hossein El Ouardi. Une situation inquiétante puisque 70% des résidents ne suivent aucun traitement et ne bénéficient d’aucune prise en charge psychologique.

2 – 70% des pensionnaires y séjournent suite à la requête de leurs familles. Près de 6% ont été abandonnés par leurs proches qui n’arrivaient plus à prendre soin d’eux. « Lors de ma visite sur place, un interne en détresse pensait qu’il était en prison et m’a demandé ce qu’il devait faire pour en sor­tir. De plus, les frais d’hébergement payés par les familles font que Bouya Omar devient un commerce juteux », explique le ministre. En effet, ce sanctuaire constitue une véritable économie informelle puisque chaque résident paie 786 dirhams par mois. L’ensemble des contributions s’élève ainsi à quelque 8 millions de dirhams par an.

3 – Le ministère envisage de mettre fin à cette situation d’ici deux anas.

 « Personnellement, je ne pourrais tolérer une telle atteinte aux droits de l’homme. Mais Bouya Omar ne dépend pas uniquement du ministère de la Santé. Je compte sur la collaboration des ministères de l’Inté­rieur, celui des Habous, et de la Femme et de la Solidarité ainsi que le CNDH pour éradiquer ce genre de pratique », explique El Ouardi, précisant qu’il « envisage également de faire une proposition dans ce sens au Conseil de gouvernement pour avoir son aval et son appui ».

 Objectif: mettre en place un centre médico-social de prise en charge psychiatrique et renforcer les autres structures existantes. Mais devant les cheikhs qui revendiquent les terrains et se présentent comme ayants droit, le ministère de la Santé a souvent échoué dans sa volonté de fermer le marabout.

Article19.ma/Telquel

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.