La guerre des mots entre les dirigeants du Parti justice et développement (PJD) et les avocats de la défense de l’étudiant gauchiste Aït El Jid assassiné à Fès en 1993 continue de faire rage sur les réseaux sociaux et dans les médias.

Alors que Lahbib Haji, avocat de la défense d’Aït El Jid, a accusé Mostapha Ramid en lui rappelant que ce dernier lorsqu’il était ministre de la justice et des libertés en 2012, « d’avoir influencé la justice » en dénaturant les propos du seul témoin dans cette affaire.

Le ministre PJDiste a catégoriquement rejeté cette accusation.

Dans un communique de presse, Ramid a estimé que les accusations proférées par l’avocat Habib Haji « visent à remettre en cause l’intégrité du ministre d’Etat chargé des droits de l’homme actuellement lorsqu’il était ministre de la justice et des libertés », ajoutant que « cette accusation porte atteinte au ministre, à l’institution du procureur général et à la police judiciaire » en laissant entendre que les propos tenus par le témoin en question, Hadioui Khamar, devant la police judiciaire auraient été fabriqués de toutes pièces.

« Les déclarations faites par Hadioui Khamar devant la police judiciaire figurent dans le procès-verbal de l’audience du 16 novembre 2011 menée sur instruction du Procureur général du 3 novembre 2011, c’est-à-dire avant l’installation du gouvernement précédent, le 3 janvier 2012, dans laquelle Mustapha Ramid était ministre de la justice et des libertés », a-t-il ajouté.

+ « Imaginez qu’aurait fait Ramid s’il était président du parquet général ? » +

Les avocats de l’étudiant assassiné considèrent que le témoignage de Khamar devant la police judiciaire avait été tenu sous l’influence de parties cherchant à innocenter Hami Eddine dans cette affaire et que les propos qui doivent être retenus sont uniquement ceux tenus devant la cour, propos à la suite desquels les poursuites à l’encontre du conseiller ont été engagées.

Dans les PV de la police, selon Ramid, on trouve la déclaration de Khamar dans laquelle il dit : « Je ne peux pas vous dire si Abdelali Hami Eddine était présent ou non au moment de l’agression qui nous a visé, moi et Aït El Jid, pour l’unique raison que le groupe était composé de 25 à 30 personnes, et comme je vous l’ai dit, je l’ai rencontré pour la première fois en prison ».

Réagissant au communiqué de Ramid, l’avocat Lahbib Haji a souligné dans une déclaration à Hespress que le ministre Ramid avait qualifié la décision du juge d’instruction de rouvrir le dossier de l’assassinat d’Aït El Jid de violation et de triomphe du nihilisme, ce qui constitue en soi une atteinte au pouvoir judiciaire.

L’avocat a ajouté que l’ancien ministre de la justice et des libertés et actuel ministre d’Etat chargé des droits de l’homme n’a pas seulement influencé le ministère public mais il a quitté son bureau ministériel pour prendre part à une conférence de presse de Hami Eddine à Rabat pour annoncer son soutien à ce dernier.

« Imaginez qu’aurait fait Ramid s’il était président du parquet général ? », ajouta-t-il.

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Article19.ma

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