Le mausolée de Bouya Omar, où des centaines de personnes souffrant de trouble psychiques sont souvent enchaînées et totalement coupées du monde extérieur, doit être remplacé dans les prochaines années par des structures modernes. C’est ce que réclame un rapport du ministère de la Santé publié mercredi.

Plus de 700 personnes sont internées à Bouya Omar, à 50 kilomètres de Marrakech, dans des « conditions misérables », où ils subissent des « pratiques portant atteinte aux droits de l’Homme », avance l’enquête, menée pendant plus de six mois par une vingtaine de psychiatres et présentée mercredi en présence du ministre de la Santé Houcine El Ouardi.

Malades enchaînés, pratiques d’exorcisme et mauvais traitements sont le quotidien de ce mausolée, où est enterré un marabout du XVIe siècle auquel sont prêtés des pouvoirs surnaturels de traitement des maladies mentales et d’addictions aux drogues.

Contacté par le HuffPost Maroc, le ministre a déclaré que « 90% des occupants de Bouya Omar sont emprisonnés là-bas par leurs familles ».Houcine El Ouardi a révélé que « près de 400 personnes exerçant à Bouya Omar profitent de ce commerce juteux. Le défi que nous nous sommes fixés est difficile, mais nous sommes prêts à le mener jusqu’au bout ».

Outre le centre d’internement, le mausolée en lui-même reçoit chaque année près de 30.000 visiteurs, qui viennent se recueillir devant la tombe du marabout. Les « frais d’hébergement » des malades rapportent à eux seuls près de huit millions de dirhams, selon la même source.

A court terme, le rapport du ministère recommande la construction d’un centre médico-social moderne dans un délai de « un à deux ans » pour remplacer Bouya Omar et des « campagnes de sensibilisation » des populations. Sur le plus long terme, le ministère souhaite moderniser la prise en charge des maladies mentales, restée parent pauvre du secteur de la santé.

Article19.ma

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.