Éclairage – Genève: In fine, l’Algérie officiellement partie prenante dans l’affaire du Sahara

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À 24 heures de la rencontre de Genève sur la question du Sahara, on se demande ce qui différencie ce rendez-vous de ceux de Vienne et Manhasset?

Sans être dans les secrets des dieux, le communiqué de lundi 3 décembre du Ministère des affaires étrangères et de la coopération internationale (MAECI) dévoile tout d’abord la composition de la délégation marocaine qui sera conduite par Nasser Bourita et qui comprendra Omar Hilale, Représentant permanent du Royaume du Maroc auprès des Nations Unies à New York, Sidi Hamdi Ould Errachid, Président de la région Laâyoune-Sakia El Hamra, M. Ynja Khattat, Président de la région Dakhla-Oued Eddahab et Mme Fatima Adli, acteur associatif et membre du Conseil municipal de Smara.

Si du côté algérien, la délégation sera réduite à quelques fonctionnaires « comme si on amenait de force un non-musulman à se convertir à l’Islam », disait le dicton marocain.

Alors que la délégation marocaine est en « totale rupture » avec celle du processus de Manhasset et qui était à l’époque composée de trois officiels tout au plus.

Cette fois, la délégation marocaine est « majoritairement originaire des provinces du Sud » – – 3 des 5 membres sont originaires du Sahara Marocain – -, et de facto, une forte représentativité renforcée en termes d’élus, membres de la société civile et de femmes, affirme-t-on.

Par ailleurs, la composition de cette délégation « s’inscrit dans la continuité » de celle qui a pris part à la réunion qui s’est tenue à Lisbonne, selon une source proche du dossier.

Pour rappel, la rencontre de 48 heures à Genève, qui débutera le 5 décembre 2018, fait suite à l’invitation de Horst Köhler, l’Envoyé Personnel du Secrétaire Général de l’ONU, adressée le 28 septembre et le 23 novembre 2018, au Maroc, à l’Algérie, au Polisario et à la Mauritanie.
En fait, les quatre parties y compris l’Algérie vont se retrouver autour d’une « table ronde » à Genève. Et comme il a été annoncé auparavant « ce n’est pas une négociation », mais une rencontre pour évaluer la capacité des parties à avancer vers une solution juste et durable.

+ Les responsables algériens « in » et non « out »…+

« C’est un premier test », avait déjà bien souligné lors d’un briefing le chef de la diplomatie marocaine.

En fait, les quatre parties y compris l’Algérie vont se retrouver face à face autour d’une « table ronde » à Genève.

Et cette fois-ci, les responsables algériens seront «in » et non « out » dans les coulisses à faire du lobbying anti-marocain tout en disant que « l’affaire du Sahara, n’a rien avoir avec l’Algérie ». Ce petit jeu est terminé et Köhler a bien compris la combine.

A noter que cette rencontre intervient dans le contexte de l’adoption des deux résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies N°2440 et 2414.

Köhler qui joue le rôle de « facilitateur » amènera les parties à débattre « l’évolution du dossier du Sahara »et à « la situation régionale ».

En bref, la rencontre de Genève a pour but «d’ouvrir un nouveau chapitre dans le processus politique », comme l’indique la lettre d’invitation envoyée aux quatre parties.

Souhaitons bonne chance à Mister Köhler dans sa délicate mission face aux positions versatiles d’Alger.

Article19.ma

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