Nadine Descendre offre Kacimi au regard, Sophia Hadi, à l’ouïe

share on:

Par Nabyl Lahlou

La grande Nadine Descendre, grande aussi bien par sa belle et fine taille que par son esprit et son savoir-faire, a été, le soir du 8 juin 2015, éblouie et emportée par une heureuse et belle chute, LA CHUTE d’Albert Camus, que la très grande comédienne Sophia Hadi, présenta au théâtre Touria Sekkat, où régnait une désagréable et insupportable odeur, jusqu’aux sièges, sales et presque tous déchirés.

J’avais écrit un papier à ce sujet, intitulé : MAIRES DES VILLES ET PERES DES COMMUNES : AIMEZ-VOUS L’ODEUR DE L’URINE, DU MOISI ET DU VOMIS. Mais les maires ne lisent pas…ni les parlementaires, encore moins les ministres. Ce type de sous-développement culturel et ce genre d’affront au théâtre et à ceux qui vivent du théâtre, ne peuvent avoir lieu , aussi facilement qu’au Maroc, dont la forme de la carte géographique rappelle la celle d’une massue, d’une scie ou d’une Zerwata, comme l’hexagone et la botte désignent, respectivement, la France et l’Italie, deux grands pays, deux grandes nations où la Culture brille depuis des siecles et des siecles, alors qu’au pays de la Zerwata la Culture demeure le dernier souci des gouvernements successifs.

Oublions la Zerwata et voyageons vite dans l’hexagone, et plus précisément dans le Mucem à Marseille où Nadine Descendre et Sophia Hadi, qui se sont revues en avril dernier et parlé de Kacimi, lors d’une belle exposition consacrée aux premiers travaux de jeunes artistes marocains, dont les tableaux avaient été mis en espace par Karamezzine Lahlou, un étudiant en design arts et medias, ont célébré le grand Kacimi : Nadine Descendre en offrant au regard, plus de 320 des oeuvres de Kacimi qu’elle a choisies, et Sophia, Hadi, pour le plaisir de l’ouïe, en interpretant un recital d’une heure, choisi, élaboré et monté à partir des nombreux écrits et récits de ce grand peintre qui vit le jour en 1942 pour plonger soixante et un an plus tard dans un paisible et éternel sommeil.(1)

Ce n’est pas le directeur des musées du royaume du Maroc, le petit Mehdi Qotbi (petit par la taille mais tres grand par son esprit manoeuvrier et son flair ), qui aurait eu l’idée lumineuse de rendre hommage à Kacimi en ouvrant grand le Musée MMVI pour ses 324 tableaux, allant du tableau à la forme standard aux grandes fresques. Non. Ce n’est pas ce genre d’individu, qui joue tantôt dans la cour de l’Elysée tantôt dans celle du Mechouar, qui aurait accepté d’honorer Kacimi. C’est tout simplement celle qui l’avait deja soutenu quand elle était directrice de l’institut français de Rabat, Nadine Descendre, qui a été le commissaire de cette grande exposition, avec le soutien financier et materiel d’un grand amoureux et passionné de Kacimi et de sa peinture, j’ai nommé le collectionneur Hicham Daoudi.

Nabyl Lahlou

(1) Exposition Mohamed Kacimi 23 novembre au 3 mars 2019 au Mucem de Marseille

share on:

Leave a Response

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.