On enterre vivant… le livre marocain

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Par Abdelhadi Briouig ***

Une levée de bouclier. Le ministre de la Culture Mohamed Laaraj est de plus en plus montré du doigt par les écrivains et les intellectuels. Après les protestations légitimes du directeur de la prestigieuse revueAl Azmina Al Haditha, Abdellah Alaoui Belghiti, c’est au tour du poète Abdallah Briouig de contester la version d’aide et le démenti de l’élu du Mouvement Populaire.

Texte :

« La décision de Monsieur le ministre de la Culture et de la Communication, depuis la nomination du gouvernement actuel, de suspendre les dispositifs adoptés par le gouvernement précédent et relatifs à la subvention accordée au livre, a fait que les différents éditeurs n’ont pas reçu leurs dus financiers comme prévus par les accords passés avec ce département et ce après l’expiration du délai légal.

Cette décision poussera inévitablement les différents acteurs du champ de la création à mettre un terme à la créativité, en raison des dépenses d’impression et de distribution, ou à se lancer dans des aventures financières aux conséquences inattendues et à supporter personnellement ces frais pour accéder au monde de la pensée et de l’édition.

Dans mon humble expérience, j’ai bénéficié, comme d’autres créateurs sous le précédent ministre de la culture et de la communication Monsieur Mohamed Amine Sbihi, du soutien au premier livre. C’est ce qui m’a encouragé à poursuivre mon activité littéraire en reconnaissant cet encouragement lequel vise, au fond, à encourager les créateurs qui n’ont pas la capacité de faire face aux coûts de l’impression et de l’édition. C’est ce qui m’a incité à imprimer mon deuxième recueil de poésie intitulé « Romances d’un homme mystérieux ».

Là, je me suis trouvé devant le souci de supporter le fardeau des frais d’impression, des dépenses au détriment des besoins de mes enfants à cause de la décision ministérielle de suspendre l’aide au livre et aux revues édités en papier.

Allons-nous vers la disparition de l’identité intellectuelle marocaine des créateurs à faibles revenus et laisser libre cours seulement aux couches privilégiées qui ont la capacité de financer les frais d’impression et d’édition ?

Ou assistons-nous à l’enterrement des plumes créatives issues des couches pauvres du peuple ? Ou devrions-nous nous retirer du monde de la pensée et de la créativité à cause des contraintes matérielles ?

*** Poète Marocain

N/B: La traduction de cet article a été réalisée par Article19, toutefois il n’engage que son auteur.

Article19.ma

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