Loin du discours des politiciens « corrompus » et de la langue de bois de certaines émissions radio et TV, les Marocains découvrent chaque jour des femmes-artistes passionnées qui luttent pour la liberté individuelle. Un genre de « soft-power populaire ».

Elles dansent, chantent et en filigrane elles prêchent naturellement les libertés individuelles face au conservatisme ambiant.

Elles ne sont ni politiciennes ni pédagogues, mais elles se distinguent par une certaine bravoure et une aptitude remarquable à s’imposer dans un milieu « machiste » et ultra conservateur.

Ces femmes mettent la lumière sur un côté extraverti, philanthropique, ouvert et tolérant de la société marocaine. Elles deviennent ainsi « des phénomènes des réseaux sociaux ». Contrairement à ce qu’on pourrait penser, elles ont un très grand impact sur les esprits.

L’anonyme au bendir

En tambourinant sur un bendir, souriante et épanouie, mais surtout dans la peau d’une « cheikha » malgré son aspect moderne, une jeune femme apparaît dans une vidéo qui circule sur les réseaux sociaux. Sa voix forte et son mimique séduisante ont charmé les internautes marocains.

Loin de ces distractions, la jeune femme porte un message très féministe.

أحسن مظاهرة لمناصرة حرية المرأة 😂#بز_منو

Publiée par Hamza Ettarbaoui sur Samedi 30 juin 2018

 » Oh malgré lui, je ferai la fête, malgré lui
Je veux m’amuser malgré lui
Je mettrai des talons malgré lui
Oh malgré lui
Oh le têtu malgré lui
Je m’habillerai comme je veux malgré lui
Lui malgré lui
Je vais sortir malgré lui ».

Évident, flagrant… ou peut-être absurde… pourtant, pour la société marocaine, c’est un message de liberté osé et provocateur.

Maya la danseuse

Meryem Dbaich, surnommée Maya, est une danseuse dans la trentaine. Née à Casablanca, elle n’hésite pas à mettre en valeur ses origines Mzab. Divorcée trois fois, elle compte se remarier. L’esprit rebelle et insoumis, la jeune femme expose sa vie privée sur les réseaux sociaux et se montre comme une personne libre, libérée des jugements de la société et indépendante. « Il faut être égoïste dans la vie. » : lance-t-elle.

Son choix d’exposer son talent de danseuse fait d’elle une « femme maudite », une « femme de joie », une « semeuse de troubles », des commentaires proférés par la plupart des internautes qui vont à l’encontre de son style de vie. « J’ai choisis la danse en dépit de ce que croit la société… Il faut justement se concentrer sur la danse, la beauté des mouvements, l’énergie que tout cela dégage. Les Marocains ont un esprit pervers, ce qui les empêche d’avoir une sensibilité à l’égard de certains arts comme la danse ».

Traitée de tous les noms, la jeune femme demeure ferme et confiante quant à ses convictions. « Il faut que les gens comprennent que je danse parce que ça me procure un très grand bien-être. Je ne fais pas ça pour l’argent, et surtout pas pour semer le trouble comme pensent certaines personnes». Maman de deux enfants, Maya mène une vie enthousiaste: « La femme marocaine pense que sa vie est achevée à partir du moment qu’elle tombe enceinte. Moi, j’ai appris qu’il n’est jamais trop tard et je compte vivre avec passion tout au long de mon existence »: souligne-t-elle.

« On m’appelle cheikha, je n’ai pas de problème avec ça. Déjà pour être surnommé ainsi, il faut être audacieuse, charismatique et intelligente afin de pouvoir aller à l’encontre des normes sociales » : conclut-elle.

Article19.ma

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