Que sera le Maroc à l’horizon 2040 et comment peut-t-il faire face aux défis du developpement économique et social? La théorie du « capital humain » de l’économiste américain Theodore tente de répondre à cette question dans un mémorandum de la Banque Mondiale : « Le Maroc à l’horizon 2040 : Investir dans le capital immatériel pour accélérer l’émergence économique ». 

A noter,  ce memorandum de 405 pages est instructif  pour au moins trois motifs :

  • C’est avant tout un rapport de prospective. Considérant, comme Fernand Braudel, que « l’avenir ne se prévoit pas, mais se prépare », ce mémo propose des pistes pour construire le Maroc de 2040, et favorise, pour cela, la convergence avec les pays du Sud de l’Europe, un scénario cher à l’IPEMED depuis son projet « Méditerranée 2030 ».

 Et l’enjeu est de taille puisque le PIB par habitant du Maroc pourrait atteindre 45 % de celui des Européens du Sud en 2040 contre 22 % actuellement. C’est le scénario d’un pays émergent, stable politiquement, qui veut et peut jouer la carte de la jeunesse, du progrès et de la modernité en valorisant ses atouts et réduisant ses faiblesses. Celui-ci est opti- miste, mais les projections de la Banque mondiale s’appuient sur un diagnostic réaliste du Maroc en 2016.

Voici quelques pistes que propose ce document sorti de l’imprimerie en 2017:

C’est à travers l’investissement dans l’Homme par le biais de l’éducation, l’un des axes de l’étude, que l’émergence économique pourra être accélérer au Maroc, selon l’économiste Jean-Pierre Chauffour, auteur de ce mémo.

En mettant la lumière sur les environ 10 millions de Marocaines et de Marocains (soit près d’un tiers de la population) souffrant encore d’analphabétisme, comme en dévoilant le taux de scolarisation moyen au Maroc qui a été estimé à cinq années en 2017, face à des taux développés en Algérie(6,7), en Tunisie(7,5) , en Mexique(9,8) et en Malaisie (10), le mémorandum signale que le Maroc a besoin d’un « capital humain solide » et doit pouvoir s’appuyer sur une population maîtrisant les apprentissages et les connaissances dispensés par l’enseignement primaire, secondaire et supérieur.

Pour ce faire, selon l’étude, il ne suffit pas d’augmenter les budgets des ministères de l’Éducation ou de modifier les politiques existantes. En jouant sur l’aspect immatériel qui ne consiste pas tant à produire « plus » de biens, qu’à produire des biens « riches », Jean-Pierre propose de différencier entre la scolarisation et l’éducation, dans la mesure où « de nombreux pays en développement réussissent à assurer la présence physique des enfants en classe, sans pour autant leur transmettre les bases de la lecture et du calcul ».

Néanmoins, selon cette étude, les efforts consentis par le pays ont permis de porter le taux de scolarisation des enfants de 6 à 11 ans de 55% en 1990 à 98% en 2014, ce qui a été traduit par une très forte hausse du nombre d’élèves inscrits dans l’enseignement secondaire et dans l’enseignement supérieur.

Ainsi le nombre de bacheliers est passé de 50000 en 1990 à 90000 en 2000, pour atteindre 205000 en 2014 et pourra se hisser à 300 000 à l’horizon 2020, selon le document. « À cette date, 50% d’une classe d’âge sera détentrice du baccalauréat, contre 30% aujourd’hui et 10% en 1990 » : dévoile la même source.  

Plus que ca, le nombre de jeunes diplômés pourrait s’élever proportionnellement au nombre de bacheliers, pour ainsi atteindre environ 130000 jeune diplômés en 2020, contre environ 100000 en 2017.

L’importance de la formation aux nouvelles technologies 

63% de la population active marocaine n’avait aucun diplôme en 2013, en incluant les diplômes d’enseignement primaire. Une problématique évoquée par la Banque mondiale qui prévoie la hausse de la proportion des jeunes diplômés parmi les travailleurs atteignant environ 30% de l’emploi total pendant les années à venir.  

Selon Jean-Pierre Chauffour, cette transformation exige « un niveau de capital humain »  élevé et compétent formés à l’utilisation des nouvelles technologies.

« Le capital humain est tout particulièrement important dans une économie de l’information et du savoir marquée par l’accélération du progrès technique et l’automatisation des processus de production. Même les fonctions les plus simples requièrent désormais un niveau de qualification bien plus élevé qu’auparavant » : note le document.  

La femme au centre de l’attention ! 

Cette montée du niveau de formation est censée, selon le mémorandum, se traduire par une plus forte participation des femmes sur le marché de l’emploi, dans la mesure où l’une des caractéristiques les plus visibles du marché du travail marocain est la faiblesse persistante de l’emploi féminin.

En effet, Jean-Pierre Chauffour considère que l’amélioration substantielle de la participation des femmes au marché du travail constitue un enjeu majeur pour l’envol économique du Maroc.

Article19.ma 

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