Actualité – L’éducation, la santé et l’emploi creusent de flagrantes inégalités sociales au Maroc

share on:

La Direction des Études et des Prévisions Financières (DEPF), une structure du Ministère de l’Economie et des Finances, a réalisé une étude sur les inégalités sociales au Maroc intitulée « La question des inégalités sociales: Clés de compréhension, enjeux et réponses de politiques publique ».

Reposant sur une approche à la fois théorique et conceptuelle, cette analyse va au-delà des disparités de revenus, et considère que d’autres dimensions peuvent aussi avoir de graves impacts sur l’inégalité sociale au Maroc.

Outre les outils traditionnels pour mesurer le degré d’inégalité sociale à l’instar du coefficient de GINI, le rapport inter décile, l’indice d’Atkinson, l’indice de Theil et l’indice de Palma, ce projet repose sur une formule qui dépasse l’inégalité d’ordre monétaire, mettant ainsi la lumière sur l’inégalité de chance.

La DEPF démontre ainsi que le Maroc ne fait pas l’exception face à la vague internationale relative à l’évolution des disparités sociales. En effet, ce phénomène s’est accentué depuis les années 1980. Si les Etats-Unis et les pays émergents d’Asie (Chine et Inde notamment) sont essentiellement touchés par ce fléau. L’Europe en souffre moins « grâce à ses régimes de protection sociale assez soutenus ». Cette étude annonce que les pays de la MENA et de l’Afrique Subsaharienne affichent les niveaux d’inégalités les plus élevés à l’échelle universelle.

La structure ministérielle souligne que les initiatives et programmes lancés par le Maroc pour relever son niveau de développement social ont favorisé une baisse significative de la pauvreté et une forte atténuation de la précarité, notamment en milieu urbain. Or, parallèlement à cette évolution remarquable, la DEPF considère que ces avancées enregistrées par le pays n’ont pas permis de réduire d’une manière significative les inégalités sociales, dans la mesure où elles continuent à afficher une résistance à la baisse comme en atteste la quasi-stagnation de l’indice de Gini depuis des années (0,395 en 2014 soit le même niveau enregistré en 1998). Par milieu de résidence, les inégalités sont plus intenses en milieu urbain, avec un indice de Gini de 0,388 contre 0,317 en milieu rural en 2014.

Ce rapport a permis d’identifier trois sources principales qui alimentent le creusement des inégalités sociales au Maroc. Il s’agit de l’éducation, de la santé et de l’emploi. Les insuffisances relevées au niveau de ces domaines impactent les conditions de départ des individus et partant leur aptitude à réussir leur mobilité sociale. Ce sont donc trois secteurs décisifs sur lesquels une action réfléchie devrait être menée en vue « d’infléchir positivement la situation actuelle ».

Dans le but d’apporter des réponses de fond à la problématique des inégalités sociales au Maroc, quelques réponses de politiques publiques ont été identifiées par la DEPF. Celles-ci s’appuient sur les enseignements déduits à partir de quelques expériences étrangères pertinentes en la matière et enrichies des recommandations proposées par certains organismes nationaux et internationaux à ce sujet. Ces réponses sont structurées autour des trois axes complémentaires :

-Le recours à des leviers structurels pour agir à l’amont sur les inégalités sociales, en mettant l’accent autant sur l’élargissement des bases de création de la richesse nationale que sur la lutte vigoureuse contre les inégalités de chances et de capacités. Ces leviers structurels permettraient de constituer un puissant rempart contre la prolifération des disparités sociales et spatiales.

-Le renforcement de la cohérence des dispositifs dédiés à la lutte contre les inégalités et leur indexation sur des critères de ciblage pour maximiser les retombées de l’action sociale de l’Etat. Il serait question, également, de placer la question de l’inclusivité genre et de l’intégration des jeunes au cœur des politiques publiques de lutte contre les inégalités. Non moins important, la lutte contre les inégalités mériterait d’être inscrite dans le cadre d’un chantier sociétal impliquant l’ensemble des acteurs.

-La consolidation du système national d’information en vue de favoriser, de manière permanente, la collecte et le traitement des données sur les inégalités et la mise sur pied d’un système d’évaluation performant pour mesurer l’efficacité des actions déployées en matière de lutte contre les inégalités dans toutes leurs dimensions.

Article19.ma

share on:

Leave a Response

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.